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Championnats d’Europe master : l’Ornaise Micheline Bailly fêtera-t-elle ses 84 ans en finale ?... |
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Micheline Bailly à l’entraînement cette semaine au stade Gérard-Saint. © Ouest-France
Présente à Madère (Portugal) pour les championnats d’Europe masters d’athlétisme, la sprinteuse de la Bayard Argentan (Orne) Micheline Bailly rêve d’un scénario aussi symbolique qu’émouvant : courir la finale du 100 m le jour de ses 84 ans, dimanche 12 octobre 2025. Encore faut-il franchir les séries qualificatives, ce samedi. Mais qu’importe le résultat : le simple fait d’être au départ tient déjà de la victoire.
Cette année, la préparation de Micheline Bailly a été un véritable parcours d’obstacles. En mars, elle a d’abord eu un Covid « très difficile à effacer », confie-t-elle. Puis en juillet, une chute domestique lui a occasionné une fracture de la clavicule. « Chaque incident pèse beaucoup plus qu’il ne pèserait chez un jeune », souligne son entraîneur Jean-Luc Edeline, qui l’accompagne avec patience et attention. Ensemble, ils ont appris à adapter les séances, à écouter le corps, à ménager les efforts sans jamais renoncer.
Malgré ces coups durs, Micheline n’a pas perdu le fil. Le goût de la piste, la convivialité du groupe et le plaisir du geste juste ont pris le relais de la douleur. « On a pu courir au moins 60 mètres bien vite samedi [dernier] », dit-elle avec le sourire. Chaque foulée est désormais un petit exploit, un signe que la passion est plus forte que le temps.
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À Madère, elle retrouvera les redoutables Italiennes, Anglaises, Suédoises ou Allemandes croisées en 2023 lors des précédents championnats d’Europe, en Italie, où elle avait échoué de peu à décrocher une médaille (4e). Micheline espère franchir ce cap mais « cela sera extrêmement difficile de parvenir en finale ». Les séries ont lieu ce samedi 12 octobre et la finale le lendemain, jour de son 84e anniversaire. « Ce serait un très beau cadeau », glisse-t-elle, les yeux pétillants.
Une finale le jour de son anniversaire serait une belle récompense
Pour son entraîneur, le défi dépasse la performance : « Ce qu’elle accomplit est remarquable. À cet âge, chaque séance demande une attention particulière. Mais Micheline a cette ténacité et ce courage qui forcent le respect… »
Sur la piste comme dans la vie, Micheline incarne cette énergie tranquille qui défie le temps. À (presque) 84 ans, elle ne court plus seulement contre le chrono : elle court pour le plaisir, pour l’exemple, et pour cette petite flamme qui, depuis des décennies, ne s’est jamais éteinte, celle du sport comme équilibre de vie.