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Déjà vainqueur du Prix de Diane, ce haras normand et familial fait naître des pépites des courses... |
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Guillaume et Jean-Pierre Garçon incarnent une jolie réussite familiale. © Ouest-France
Tout près de Camembert (Orne), l’élevage de chevaux de la famille Garçon connaît une très belle réussite. Deux ans après le sacre de Blue Rose Cen, il sera cette fois représenté par Rosa Salvaje dans le Prix de Diane, prestigieuse épreuve sacrant chaque année la meilleure pouliche âgée de trois ans, ce dimanche 15 juin 2025 à l’hippodrome de Chantilly (Oise). On ne change pas une équipe qui gagne.
Blue Rose Cen, Ramatuelle, Jigme… Pour préparer au saut dans la grande cour des courses, le haras de l’Hôtellerie, dans l’Orne, devient une maternelle de luxe. Un élevage en vogue, qui ne lâche pas ses chevaux dans la nature. La famille Garçon aime conserver une « patte » (part de propriété) de ses protégés et c’est ainsi qu’elle gagne sur les deux tableaux : éleveur et propriétaire, au galop comme à l’obstacle.
L’Hôtellerie, un haras 5 étoiles
Deux ans après le sacre de Blue Rose Cen dans le prix de Diane, Jean-Pierre, Guillaume et Isabelle remettent le couvert avec Rosa Salvaje, une « Rose Sauvage » à l’accent espagnol, mais au sang américain. « Elle ne sera pas favorite, mais elle a droit de bien courir », jugent le père et le fils, qui se partagent l’élevage et la préparation aux ventes, tandis que la maman gère la comptabilité. « L’histoire est belle : c’est la même équipe autour d’elle que pour Blue Rose Cen ». Christopher Head (fils de Freddy Head) à l’entraînement, la Yeguada Centurion en éleveur associé, une jolie association de propriétaires.
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Un haras construit « de A à Z »
L’autre belle histoire, c’est la fulgurante réussite de ce haras « parti de zéro en 2012, construit de A à Z » après l’achat d’une ferme bovine en liquidation aux Champeaux, tout près de Camembert. Seule la maison témoigne du passé. De 60, le domaine est passé à 250 hectares. Et ces grands espaces, ces paddocks à perte de vue sont un peu la clé du succès. « Les chevaux, il faut qu’ils galopent, ne pas trop les mettre dans le coton, sauf avant les ventes ». Pour le reste, la grande expérience de Jean-Pierre, ses 26 ans au haras de Montaigu, et le tour du monde des haras de son fils aident à forcer la serrure.
En douze ans, le haras de l’Hôtellerie s’est construit une très belle « clientèle internationale » autour de 120 poulinières. L’étoile figurant sur son logo n’est pas neutre. « On vise le haut du panier. Le haras tient son nom du lieu-dit l’Hôtellerie. On fait dans le cinq étoiles ». Ce qui vaut déjà de beaux records personnels aux ventes : 900 000 € pour un yearling (cheval âgé d’un an), 2 millions pour une jument (Sibilia Spain) pleine du crack Dubawi. Dans deux mois, dix-neuf yearlings « maison » seront présentés aux ventes d’août Arqana à Deauville. D’ici-là , la famille Garçon croise les doigts pour que l’histoire se répète dimanche dans le prix de Diane.