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Échauffour, berceau des cracks du trot... |
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Franck Lemuet en compagnie de Pop Star, la mère de Diable de Vauvert qui participe à l’édition 2021 du Prix d’Amérique. © Ouest-France
Cette année, deux chevaux originaires d’Échauffour (Orne) participent au Prix d’Amérique. La qualité du sol et le savoir-faire historique de la région en font une terre de champions.
« C’est pas tous les ans qu’on voit deux chevaux nés dans la même commune participer au Prix d’Amérique ! », fait remarquer Franck Lemuet. Le propriétaire du Haras de Vauvert à Échauffour (Orne) possède Diable de Vauvert, un trotteur né dans son haras en 2013, qui sera de la partie lors de la course internationale de trot attelé à l’hippodrome de Vincennes dimanche 31 janvier 2021.
Parmi les autres concurrents, un compatriote : Face Time Bourbon, actuel tenant du titre né au Haras Saint-Martin, également sis sur les terres échauffouriennes. Pas banal, pour une commune de 742 habitants ! Surtout quand on sait que le haras de Jean-Pierre Dubois, véritable « pape du trot » et père de nombreux cracks se situe à deux pas de là , au lieu-dit La Beauvoisinière, commune… d’Échauffour.
« De l’or sous les pieds »
« Ici on a de l’or sous les pieds ! » s’enthousiasme Rainer Engelke. Le propriétaire du Haras Saint-Martin chante volontiers les louanges de ce « triangle de l’or » des terres du Merlerault. « Ce sont de bonnes terres calcaires, précise Jean-Pierre Dubois. Le triangle du Merlerault a toujours été un bon endroit pour élever des chevaux, ils se plaisent là -dessus. »
Franck Lemuet relève lui aussi la qualité des « bonnes terres équilibrées » d’Échauffour et de son herbe, ainsi que le climat favorable de la région. L’éleveur de Vauvert pense par ailleurs que le caractère vallonné du terrain serait un autre atout : « Je suis persuadé qu’élever des chevaux sur des terrains légèrement pentus leur permet de se muscler naturellement plus que sur un terrain plat », avance Franck Lemuet.
Un savoir-faire historique
À ces conditions naturelles s’ajoute le savoir-faire de la région, fruit d’une longue histoire. Au Moyen-Âge, l’élevage de chevaux est déjà une spécialité des communes environnantes. Aux XVIIe et XVIIIe siècle, la cour se fournit en chevaux de selle au Merlerault. Quant à Napoléon, « il achetait déjà ses chevaux près d’Échauffour, à Authieux », indique Rainer Engelke.
Grâce à cette tradition, les éleveurs sont entourés d’interlocuteurs compétents. « Tout un écosystème s’est créé dans la région, avec des bons vétérinaires, des bons marchands d’aliments… », souligne Franck Lemuet.
Cette année le savoir-faire échauffourien sera bien représenté au Prix d’Amérique, avec d’un côté, « l’extrême favori, Face Time Bourbon », et de l’autre Diable de Vauvert, « un outsider parmi les autres », selon les mots de son éleveur et propriétaire. En espérant que la commune soit récompensée en voyant un ou plusieurs de ses champions monter sur le podium !