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ENTRETIEN : Émeric Martin souhaite « donner aux jeunes l’envie de se lancer »... |
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Émeric Martin (ici aux championnats de France 2021) est le parrain d’On se bouge dans l’Orne. © Luc Percival
Parrain de la 11e édition de l’opération On se bouge dans l’Orne, le pongiste handisport de la Bayard Argentan s’est lancé un défi : participer en 2024 à ses cinquièmes Jeux paralympiques.
Émeric Martin, 50 ans, champion de tennis de table handisport, parraine cette nouvelle édition de l’opération On se bouge dans l’Orne.
Quadruple médaillé paralympique – dont l’or – de 2000 à 2012, capitaine de la délégation française aux Jeux 2008, champion du monde, d’Europe… Comment trouver la motivation aujourd’hui, d’autant que vous aviez arrêté la compétition fin 2015 ?
On parle souvent des Jeux olympiques de Paris 1924 et de son retour un siècle plus tard. Mais pour les Jeux paralympiques à Paris, ce sera une première ! Mes enfants (14, 10 et 7 ans) ne m’ont pas connu sportif de haut niveau. Lors de la pandémie en 2020, on est tous passés par une période particulière. Certains ont choisi de changer de travail, d’autres de divorcer… Moi, l’adrénaline du sport me manquait et on s’est dit – car c’est une décision familiale : « Et si je tentais un retour après cinq ans d’arrêt, afin de tenter la qualif pour Paris ? » Car ce serait génial de faire partie de ces Jeux, avec mes proches, mes amis et supporteurs dans les tribunes.
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Quel est votre lien avec l’Orne, alors que vous habitez depuis six ans près de Nantes ?
C’était une mutation professionnelle, je suis un Ornais expatrié en Pays de la Loire (sourire). Mon lien avec l’Orne est viscéral : mes parents y habitent, je suis président d’honneur de la Bayard Argentan tennis de table et toujours licencié à la section handisport. Et, dans le département, deux salles de tennis de table portent mon nom : à Vimoutiers où j’ai passé mon enfance, et depuis quelques mois, à Argentan. Je suis Ornais et rien d’autre !
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Votre qualification pour Paris 2024 passe par quel chemin ?
Par les tournois internationaux. J’en ai fait beaucoup cette année, avec notamment une victoire en double à l’Open de France. Je suis actuellement 23e mondial en individuel, alors mon billet pour Paris passera par mon classement en double, où je suis n° 3 mondial. Il reste encore pas mal de chemin, dans tous les sens du terme : début 2024 je disputerai l’Open d’Égypte puis celui du Brésil avant d’enchaîner avec l’Espagne, l’Italie et la Pologne. Début avril, je saurai si je suis retenu pour les Jeux.
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Un mot aux candidats, en tant que parrain ?
Notre territoire rural a toujours eu énormément de talents, c’est valorisant de les mettre en avant. Il faut aussi donner envie aux jeunes de se lancer, de persévérer. Mon message, c’est qu’on n’y arrive pas sans rien : je suis un sportif pas spécialement doué au départ, paraplégique depuis un accident de la route à 19 ans, mais je me suis relevé en me donnant à 200 % après m’être fixé un objectif. Alors, même si on passe par des moments difficiles, quand on veut, on se donne une vraie chance d’y arriver.