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ENTRETIEN. Alexis Loison : « Remporter la Solitaire de cette façon me semblait impossible »... |
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Le navigateur normand Alexis Loison (Groupe Réel), 41 ans, originaire de Rouen (Seine-Maritime), profondément ancré à Cherbourg (Manche), a remporté la 56e édition de la Solitaire du Figaro Paprec, dans le port de Saint-Vaast-la-Hougue (Manche), ce vendredi 26 septembre 2025. © Vincent Olivaud
C’est à domicile que le navigateur normand a remporté la 3e étape et le classement général de la Solitaire du Figaro Paprec, à Saint-Vaast-la-Hougue, vendredi 26 septembre 2025, peu avant 4 h du matin. Il s’est exprimé sur sa première victoire en 19 participations dès qu’il a mis un pied à terre.
Le navigateur normand Alexis Loison (Groupe Réel), 41 ans, originaire de Rouen (Seine-Maritime), profondément ancré à Cherbourg (Manche), s’est imposé sur la 3e et dernière étape de l’édition 2025 de la Solitaire du Figaro Paprec, dans le port de Saint-Vaast-la-Hougue (Manche), en tête, ce vendredi 26 septembre 2025, à 3h48’10’’. Après sa victoire sur la 1re étape, à Roscoff (Finistère), puis sa 2e place sur la deuxième, à Vigo, en Espagne, il remporte le classement général de l’épreuve pour la première fois de sa carrière, au bout de sa 19e participation. Il s’est confié à la presse quelques minutes seulement après avoir franchi la ligne d’arrivée.
« Je savais au fond de moi que j’y arriverai un jour »
Quel est votre premier sentiment ?
Je gagne en finissant 1er, 2e et 1er. C’est fou ! Je rêvais de remporter la Solitaire, oui, mais de cette façon, ça me semblait impossible. Dans cette ambiance, avec la chance de pouvoir finir à la maison, devant beaucoup de monde que je connais et qui savait à quel point je voulais l’emporter.
À quoi avez-vous pensé au moment de franchir la ligne d’arrivée ?
Au gamin que j’étais, il y a 20 ans, avant de me lancer sur ma première Solitaire. C’est dingue ! J’aurais mis le temps pour parvenir à la gagner, mais je savais au fond de moi que c’est quelque chose de très particulier et que j’y arriverai un jour. Mais qu’est-ce que c’était dur, et c’est tant d’émotions. Je suis trop content, c’est fou.
D’autant plus que cette troisième étape fut très difficile.
Elle était longue. Après 24 heures de course, j’avais l’impression de sortir d’un coma et d’avoir eu le cerveau débranché tant on s’était fait éclater par les conditions météo. On était trempé, on en a bien bavé et il fallait que ça le fasse malgré tout. Les autres concurrents ne m’ont pas rendu la vie facile : dès qu’ils avaient l’opportunité de me rattraper, ils y allaient. Ils sont vraiment bons, ces jeunes, et qu’est-ce que c’est bien de naviguer contre eux. On est vraiment dans une classe de dingues.
« C’est pour toutes les fois où ce n’est pas passé »
Avez-vous douté par moments, tout au long des trois étapes ?
Cette année, j’ai l’impression que même quand je partais mal, je revenais. J’étais un peu comme ces mecs qui gagnent et à qui il ne peut rien arriver. Et ce, jusqu’au bout de la course, en plus. C’est pour toutes les fois où ce n’est pas passé, par manque de bol.
Ça y est, le déclic est arrivé ?
Je dirai qu’il s’est réalisé en plusieurs fois, mais oui, il est arrivé.
Vous remportez la Solitaire lors de votre 19e participation, mais vous parlez déjà d’une 20e édition ?
J’ai clairement envie d’aller faire autre chose, oui, mais je reviendrai sur cette épreuve en en profitant d’autant plus. Et pourquoi pas en remporter une deuxième. Déjà , j’aurais moins cette pression sur les épaules de la gagner, car je voulais vraiment ce trophée et ça y est, je l’ai.
« Des concurrents comme Charlotte, j’en veux tous les jours ! »
Vous terminez devant Charlotte Yven (Skipper Macif 2023), révélation de cette Solitaire 2025.
Des concurrents comme Charlotte, j’en veux tous les jours ! Elle est dingue, j’ai hâte de la revoir, même si je l’ai parfois détestée pendant la course tant elle allait plus vite que moi ! C’est une grande championne, ce qu’elle vient de faire est incroyable. Attention aussi à Tom Goron, Jules Ducelier. C’est tellement agréable de s’entraîner avec eux. Le Figaro, ce n’est pas que la Solitaire, c’est aussi aller au pôle l’hiver pour apprendre ensemble, tester des choses et se marrer avec eux.
Quel est votre programme, ces prochaines heures et ces prochains jours ?
Réaliser, profiter… Me changer car j’en ai marre d’être trempé (rires) ! Et refaire le match avec les autres membres du podium. Je vais reprendre un rythme de vie normal, mais pas tout de suite.
Que ressentez-vous, maintenant que la course est terminée ?
De la fierté, forcément, car je voulais cette victoire. Cette année 2025, j’ai l’impression d’être inarrêtable et je rends une superbe copie. Gagner de cette manière, c’est pour toutes les années où ça n’est pas passé.