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ENTRETIEN. Argentan. Courses hippiques : Jacques Frappat entame son 7e mandat de président... |
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Jacques Frappat rempile pour un dernier mandat à la tête de la Société des courses d’Argentan. © Ouest-France
Président de la société des courses hippiques d’Argentan (Orne) depuis 1999, Jacques Frappat, 77 ans, a été réélu pour un dernier mandat de quatre ans, lundi 19 juin 2023.
Président de la société des courses hippiques d’Argentan (Orne) depuis 1999, Jacques Frappat a été réélu pour un mandat de quatre ans, lundi 19 juin 2023.
Entretien avec Jacques Frappat, 77 ans, président de la société des courses hippiques d’Argentan depuis 1999.
Dans les sociétés de courses, la limite d’âge pour être élu au conseil d’administration est de 75 ans. Comment s’explique alors votre réélection ?
Il y a une exception pour le président en exercice : il peut se présenter pour un dernier mandat, à condition de réunir au moins 75 % des voix de l’assemblée générale puis 100 % du conseil d’administration.
On sent que cette double condition vous chagrine…
Ça pose effectivement problème pour 40 ou 50 sociétés de course en France, dont plusieurs en Basse-Normandie, Lisieux ou Vire par exemple… Heureusement le texte est en train d’être amendé et il n’y aura bientôt plus besoin « que » 75 % au conseil d’administration au lieu des 100 %.
Pourquoi vous êtes-vous présenté pour un septième mandat ?
Pour la simple et bonne raison qu’ici personne d’autre n’a le temps de faire le job. Pour un hippodrome de notre niveau, ça représente quasiment une demi-journée de travail au quotidien !

Jacques Frappat (président), Bernard Bouvret (vice-président), Tim Richardson (responsable de la piste de galop) et Bertrand Lefevre (vice-président). Ouest-France
Pourquoi la société des courses reçoit-elle, chaque année, environ 15 000 € d’Argentan Intercom et autant de Gouffern-en-Auge ?
Les communes qui ont un casino sur leur territoire touchent de l’argent de l’État, ce qui n’était pas le cas pour les communes ayant un champ de courses. En 2011 le député-maire de Maisons-Laffittes et son homologue de Chantilly ont obtenu que, sur les sommes qu’il encaisse sur les paris des turfistes, l’État reverse 11 millions d’euros. Avec un maximum de 700 000 € pour une dizaine de villes ayant un hippodrome très important (Deauville, Vincennes, Cagnes-sur-Mer, Paris…). Pour les autres, on a réparti en fonction des enjeux réalisés sur ces hippodromes.
Et pour l’hippodrome du Pays d’Argentan ?
Ça tourne entre 100 et 110 000 € par an. Si une année on organise une course pour le Quinté (course qui génère 12 millions d’euros d’enjeux) ça peut rapporter 130 000 € comme en 2021. À l’inverse, avec le Covid il y a eu moins d’enjeux, donc moins de retombées.
Quel est ensuite le processus ?
L’argent est versé pour moitié à l’intercommunalité et pour moitié à la commune où est situé l’hippodrome. Le ministère des Finances envoie alors à la Fédération nationale des courses un courrier expliquant qu’Argentan Intercom va toucher 55 000 €, de même que Gouffern-en-Auge (l’hippodrome est à Urou-et-Crennes, NDLR). On va voir les élus de ces collectivités en leur expliquant que, grâce notre implication et au travail de nos bénévoles, le territoire bénéficie de retombées financières et de notoriété : quand le Quinté se court ici, toute la France des turfistes sait où se trouve Argentan !
Et vous attendez un retour de leur part…
L’Interco et Gouffern nous reversent en effet 30 % de la somme que l’État leur octroie.
Le bureau a été reconduit : Jacques Frappat est secondé par les vice-présidents Bernard Bouvret et Bertrand Lefevre. Erno Szirmay est nommé responsable de la piste de trot, Tim Richardson de la piste de galop.