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Football. Julien Marazzi, milieu du Bayeux FC (R1) : « Le retour à la réalité a forcément été un peu brutal »... |
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Julien Marazzi lors du match aller face à Flers. © Gérard Piwtorak
Les Bayeusains sont redescendus de leur petit nuage qui les a placés sur le devant de la scène pendant de longues semaines. Leur vie d’avant, celle d’un championnat de Régional 1 bardé d’exigences, est désormais leur pain quotidien. Après un nul à Cherbourg le week-end dernier (1-1), ils s’attendent à un nouveau duel acharné à Flers, samedi 31 janvier 2026 (18 h). Entretien avec Julien Marazzi, le milieu de terrain de poche du BFC.
La parenthèse enchantée s’est refermée. La fabuleuse épopée du Bayeux FC en Coupe de France a pris fin un mardi soir de janvier, devant l’Olympique de Marseille et plus de 20 000 spectateurs à d’Ornano. Pour Julien Marazzi et les Bayeusains, il restera des souvenirs pour la vie. Mais pour que la saison ne vire pas au cauchemar, il leur faut se maintenir en Régional 1 au printemps.
Une aventure hors du temps
« Sur le plan personnel, ça a été une aventure incroyable, presque irréelle. Jouer un 16? de finale à d’Ornano, plein, contre l’OM, avec mon club formateur, je ne l’oublierai jamais. Humainement, on a vécu des moments très forts entre nous, avec le staff, les bénévoles, les supporters. Pendant quelques semaines, on était dans une bulle. Tout allait très vite, on ne réalisait pas toujours ce qui nous arrivait. On vivait match après match, avec une excitation permanente.
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Sportivement, j’ai pris énormément de plaisir. J’ai essayé de jouer libéré, sans me poser de questions, et je pense que ce contexte m’a permis de m’exprimer pleinement. »
Un retour à la réalité s’impose
« Le retour à la réalité a forcément été un peu brutal. On passe de l’effervescence, de l’exposition médiatique et de l’intensité d’un match comme celui-là , à notre quotidien d’amateur, avec le boulot, les entraînements le soir, des déplacements plus discrets. Ce n’est pas évident mentalement, mais ça fait partie de notre réalité et de notre identité.
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Après avoir vécu quelque chose d’aussi fort, il peut y avoir un petit relâchement inconscient, c’est humain. Ce n’est pas un manque d’envie, mais plutôt une difficulté à retrouver immédiatement le même niveau d’exigence. On en a conscience, et c’est à nous de montrer que cette aventure doit nous servir, pas nous freiner. »
Remonter la pente en Régional 1
« À Cherbourg, on a su montrer du caractère. Ce match nul (1-1) montre qu’on est toujours solides, qu’on ne lâche rien. Il faudra en faire de même à Flers qui est en confiance. Ça va être un match compliqué, mais c’est aussi le genre de rendez-vous qui peut servir de déclic. À nous d’y aller avec des intentions claires et l’envie de repartir de l’avant. Au match aller nous nous sommes imposés, on espère repartir encore avec des points contre une belle équipe de notre championnat. On devra faire preuve de beaucoup de détermination.
Quand on regarde la qualité et l’homogénéité de notre groupe, on sait qu’on vaut mieux que notre position actuelle. Il va falloir enchaîner les performances et les résultats. Une série peut nous replacer. Le championnat est relevé, chaque match est un combat, mais on a les armes pour répondre. Si on reste unis, sérieux et exigeants, je suis convaincu qu’on peut faire une belle deuxième partie de saison. À nous de transformer ce qu’on a vécu en Coupe en force pour le championnat. »