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Hippisme. Éric Ventrou, des écuries du Qatar à la plaine d’Argentan... |
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Depuis juillet 2022, Eric Ventrou s’occupe d’une trentaine de jeunes galopeurs, aux portes d’Argentan. © Ouest-France
Avant de s’installer à l’été 2022 à Boischampré, près d’Argentan (Orne) où il gère une structure de pré-entraînement pour de jeunes chevaux, Éric Ventrou a vécu près de vingt ans au Qatar et à Dubaï, au sein de grandes écuries de galop.
« Ça ne vous dérange pas si je nourris les chevaux pendant l’interview ? », s’inquiète Éric Ventrou, en cette froide fin d’après-midi hivernale. La question résume l’hyperactivité de celui qui s’est établi pendant l’été 2022 aux portes d’Argentan, à Saint-Loyer-des-Champs, commune déléguée de Boischampré, dans l’Orne.
Eric Ventrou et son « école maternelle » pour chevaux
Là , sur 15 ha auparavant occupés par l’éleveur de trotteurs Emmanuel Cavey, Éric Ventrou, 49 ans, a installé un centre de pré-entraînement de galopeurs. « C’est un peu l’école maternelle des chevaux », sourit le propriétaire des lieux, entre deux rations de céréales distribuées aux trente équidés hébergés dans deux belles écuries.

Éric Ventrou a installé son centre de pré-entraînement à la sortie d’Argentan, route de Coulandon. Ouest-France
Le pré-entraînement est devenu « un rouage très important » dans l’entraînement des chevaux de course. Le quadragénaire et ses cinq salariés – dont Laurine Breliaud, récente lauréate des Trophée du personnel, organisés par France galop – s’occupent ainsi du débourrage de chevaux âgés 18 mois à 2 ans.
#TropheesDuPersonnel @Godolphin ?
— France Galop (@francegalop) November 19, 2022
Laurine Breliaud , cavalière de pré-entraînement chez Ecurie Eric Ventrou est l'heureuse gagnante de la catégorie JEUNE ESPOIR ??
"Pour elle, le travail avec les jeunes chevaux rime avec plaisir." ?? pic.twitter.com/57vxNkJvZv
Deux à trois semaines pendant lesquelles chaque yearling s’imprègne de la présence humaine, apprend à accepter une selle puis un cavalier. « C’est du travail individualisé. Les traits de caractère des chevaux ressortent, on voit déjà s’ils sont gentils, plus compliqués ou un peu craintifs. Car ils sont comme les humains, il y a des intelligents, des grands nerveux, des fainéants, des timides, des optimistes… »

Chaque jour Éric Ventrou et ses salariés sortent les galopeurs sur une grande piste de copeaux de bois, à Saint-Loyerd-des-Champs. Zuzanna Lupa.
Une fois le débourrage terminé vient la phase de pré-entraînement à proprement parler : les chevaux vont sur la piste – dont la particularité est d’être couverte de copeaux de bois – apprennent à aller droit, à galoper en groupe. « En général, au bout de deux mois, le cheval est prêt à aller dans un centre d’entraînement, chez un entraîneur privé. »
L’autre facette de cette nouvelle structure, ce sont les stages dédiés aux galopeurs spécialisés dans les courses d’obstacles : des chevaux qui, avant leur carrière, viennent faire deux ou trois sessions dans l’année de leurs 2 ans, afin de se muscler et d’apprendre leur « métier ». Une partie de ces équidés viennent de grandes écuries du Centre de la France, car avant d’investir en Normandie, Éric Ventrou a passé cinq années en Charente, près de Cognac où il s’est constitué une clientèle sur le marché de l’obstacle.

Éric Ventrou s’occupe en permanence d’une trentaine de jeunes galopeurs. Zuzanna Lupa.
Avant cela, le natif de Lion-d’Angers (Maine-et-Loire) a vécu une vingtaine d’années au Moyen-Orient, quatre années à Dubaï dans une écurie du cheikh Mohammed Al Maktoum, dirigée par Erwan Charpy (originaire du haras du Pin), suivies de quinze autres années au Qatar en tant qu’assistant entraîneur de la plus grande structure de courses de plat, une écurie de 80 chevaux à l’entraînement et autant à l’élevage. « Nous passions les six mois d’hiver à Doha, et les six autres mois en France, à Chantilly. » Il était alors le bras droit de l’entraîneur Alban de Mieulle, auquel il « doit énormément ».

Éric Ventrou et sa compagne, Adeline Gombaud (ici au Qatar), se sont installés près d’Argentan il y a quelques mois. Zuzanna Lupa.
C’est d’ailleurs parce qu’elle interviewait son patron il y a une dizaine d’années qu’Éric Ventrou a fait connaissance d’Adeline Gombaud, désormais sa compagne. Responsable de la rédaction du quotidien spécialisé Jour de Galop, la journaliste est aussi partie prenante dans leur aventure normande, gérant notamment l’aspect administratif de l’entreprise. « Inutile de vous dire qu’à la maison on parle beaucoup, beaucoup, cheval… » se marre le quadragénaire avant d’aller finir de nourrir ses pensionnaires.