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JO 2026. Pour les disciplines de freestyle, les Jeux olympiques sont devenus incontournables... |
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Les premières finales en freestyle seront disputées ce samedi 7 février aux Jeux de Milan Cortina. © Getty Images via AFP
Populaires depuis les années 90, les épreuves freestyle de ski et de snowboard ont connu une renommée internationale avec les X Games, compétition dédiée aux sports extrêmes. Depuis l’arrivée progressive des disciplines aux Jeux, les médailles olympiques de freestyle ont autant, voire plus de valeur qu’un succès à Aspen.
C’est écrit dans le nom. « Freestyle », comprenez liberté totale, pratique sportive affranchie de toutes règles, faite de créativité et de technique. En sports d’hiver, cela se traduit par des sauts aux amplitudes démesurées, où skieurs et snowboardeurs vrillent, tournoient, puis claquent leur réception au gré de leurs envies et inspirations. Tous les supports sont bons à prendre : bosses, barres de fer, « pipe »…
Presque oxymorique, la discipline du freestyle, très populaire chez les jeunes, grossit toujours plus depuis les années 90, où elle s’est internationalisée. Et comme ses consœurs du skateboard ou du surf, elle connaît un processus d’institutionnalisation depuis son arrivée au calendrier des Jeux olympiques d’hiver.
Les X Games d’Aspen, le mythe fondateur
Alors que les bosses et le ski acrobatique pointent le bout de leur nez courant 90’s aux JO, la chaîne de télévision américaine ESPN crée en 1994 les X Games, littéralement « eXtreme Games » et leur version hivernale en 1997. Un pur show made in USA où les plus folles acrobaties sont réalisées. Organisée annuellement dans le Colorado, à Aspen - des versions en France ou ailleurs ont été organisées -, la compétition devient le graal de tous les pratiquants. « Dans notre sport, les X Games étaient là avant les Jeux, raconte Gregory Guenet, responsable du ski freestyle (big air et slopestyle) pour l’équipe de France aux Jeux de Milan Cortina. C’est ce qu’a guidé la carrière de beaucoup de Français que j’ai coachés. Leur rêve suprême était de les gagner. »
Début des épreuves de Big Air, et le local de l'étape Ian Matteoli ???? régale d'entrée ??
— Eurosport France (@Eurosport_FR) February 5, 2026
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« Champion olympique, ça parle plus que vainqueur des X Games »
Avec l’introduction progressive de ses disciplines aux Jeux (halfpipe et slopestyle à Sotchi 2014, big air et saut par équipe à Pékin 2022), la donne a changé, petit à petit. Même si l’attache sentimentale aux X Games pèse beaucoup chez les athlètes : « maintenant que les Jeux sont rentrés, ça fait part égal, poursuit Guenet. Ils sont très attachés à la culture de leur sport, donc les X Games sont hyper importants pour eux. » La portée mondiale des Jeux explique cela pour Fabien Bertrand, coach de l’équipe de France de ski freestyle. « Les X Games, c’est surtout un impact américain. Champion olympique, ça parle plus que vainqueur des X Games. »

De nombreux participants aux JO de Milan-Cortina ont fait l’impasse sur les X Games, fin janvier. Getty Images via AFP
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Pour les fédérations, la structuration passe aussi par les Jeux. « Ça décide beaucoup au niveau de la structuration des fédérations, sur l’aspect professionnel », explique Maxence Tevelle, coach de l’équipe de snowboard freestyle de la France aux Jeux. Hygiène de vie, compétitivité… La donne change drastiquement.
Une différence de compétitivité ?
Alors les Jeux ont-ils dépassé leur aîné ? « C’est tous les quatre ans, donc les athlètes orientent leur préparation là -dessus, lance Tevelle. Ça s’est vu cette année, où beaucoup ont fait l’impasse sur les X Games (du 23 au 25 janvier dernier). »
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Sportivement, c’est pourtant à Aspen qu’on en prend plein les yeux. « Les X Games restent plus impressionnants, c’est à l’américaine. C’est là qu’il y a les plus gros sauts de la saison, où il y a une énorme ambiance. » Sur le papier, la compétition y est plus dense : 60 athlètes contre 30 aux Jeux, pas de quotas olympiques qui bloquent à 4 représentants les nations dominantes comme le Japon et les USA… Pas de quoi s’inquiéter du spectacle attendu à Livigno, où se déroulera ce samedi 7 février les premières finales de freestyle. « Les athlètes arrivent avec les crocs qui rayent le parquet, avec une préparation et un pic de forme, justifie Tevelle. Donc évidemment qu’il y a du niveau. »