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La Ferté-Macé. Des rencontres autour de la mémoire des anciens... |
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Au premier rang, Germaine et André, deux participants au projet. Au second rang, à partir de la gauche : Mélanie Dornier, porteuse du projet ; Élise Chevallier, cadre de santé ; Françoise Olzapfel, animatrice ; Valérie Meray, cadre supérieur ; Amandine Marie, cadre de santé et Roseline Prado, psychologue. © Ouest-France
Quinze résidents volontaires des deux Ehpad de La Ferté-Macé ont reparlé de ce qu’ils ont vécu dans leur jeunesse et ont confié leurs émotions sur des moments particuliers de leur vie.
En relation avec l’association productrice de spectacles les 2Angles à Flers et avec la participation de la graphiste Julie Gallais, l’artiste photographe Mélanie Dronier a conduit un projet culture et santé, d’octobre 2020 à septembre 2021, avec des résidents de cinq Ehpad (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) appartenant au Groupement hospitalier de territoire (GHT) des Collines Normandes.
Deux établissements à La Ferté-Macé, deux à Vire et un à Flers, soit 43 résidents volontaires (32 femmes et 11 hommes) dont quinze à La Ferté-Macé (douze femmes et trois hommes) des Ehpad de l’Air du temps et des Charmilles blanches. Ce projet a été financé par la Drac (Direction régionale des actions culturelles) et l’ARS (Agence régionale de santé).
De belles rencontres
Il s’est agi de rencontres en groupes ou individuelles afin de collecter des sujets de mémoire des participants comme André, 76 ans, né à Dompierre « J’avais 20 ans au débarquement. J’ai travaillé aux mines de La Ferrière afin d’éviter le travail obligatoire en Allemagne, mais je n’étais pas vraiment mineur au fond de moi. C’est intéressant de reparler de sa jeunesse. »
Germaine, Fertoise de 94 ans, se souvient « d’une de ses apprenties, elle n’avait pas voulu qu’elle passe son examen de couturière, car elle était tailleur et ce n’était pas la même chose ».
Les résidents ont apprécié ces moments de convivialité où la confiance s’est instaurée entre la porteuse du projet et eux. « Ils m’ont parlé de ce qu’ils avaient vécu anciennement. Cela a été très riche humainement et j’ai fait de belles rencontres », souligne Mélanie Dronier qui a réalisé trois cents heures d’enregistrement.
« Les résidents ont bien adopté Mélanie », constate Françoise Holzapfel, animatrice dans les Ehpad. Selon Julie Loudière, chargée de communication au GHT : « Cela a été le moyen de faire rentrer la culture à l’Ehpad. » « Nous avons découvert la vie des résidents qui ont été valorisés », souligne Élise Chevallier cadre de santé. « Cela a permis, avec leurs émotions, d’être au cœur de leur vie », ajoute Roseline Prado, psychologue.
Les nombreux thèmes abordés étaient autour des animaux, des métiers, de la guerre, des spécialités locales, des objets anciens, de la météo, de la religion et de la musique.
« Les résidents ont ressenti le partage d’expériences comme un moment de convivialité, de plaisir partagé, de souvenirs, d’émotions positives ou douloureuses avec des éclats de rire, mais parfois aussi des larmes et souvent contents de raconter leur vie », note Mélanie Dronier.
Elle a distribué des photos aux participants et un document de synthèse leur a été remis.
Cette démarche ne sera pas sans conséquences dans les établissements et il est envisagé des sorties en lien avec les thèmes abordés : visite de ferme, marché, musée ou biscuiterie. Il est aussi question d’organiser une exposition d’objets anciens ou une guinguette, et de prévoir une semaine du goût, autour des odeurs des aliments anciens.