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Où vivent les « riches » en France et dans le Grand Ouest ?

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Du côté des villes de moins de 20 000 habitants en Finistère, on retrouve Bénodet, Bohars et Carantec (ici une vue aérienne de l'Ile Callot). © Ouest-France / Vincent MOUCHEL

Où vivent les personnes les plus aisées en France ? Qu’en est-il de l’Ouest ? L’Observatoire des inégalités, qui vient de sortir un rapport au sujet des riches en France, fait le point.

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Si Charlie était riche et que le célèbre livre-jeu se dépliait sur l’ensemble de l’Hexagone, il serait bien plus facile de trouver le personnage au pull rayé en région parisienne. C’est l’un des enseignements du « rapport sur les riches en France » de l’Observatoire des inégalités, publié la semaine dernière.

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Une « surreprésentation » en région parisienne

Selon l’Insee, « 16 % des ménages riches (c’est-à-dire ici ceux situés entre les 10 % et le 1 % des ménages les plus aisés) habitent à Paris ou dans les Hauts-de-Seine ». […] 30 % des super-riches (le 1 % le plus riche) sont concentrés dans ces quelques centaines de kilomètres carrés. » Seuls 5 % des 90 % les moins aisés vivent dans ces deux départements.

« L’Île-de-France regroupe 43 % des ménages situés dans le 1 % le plus riche et 54 % du millième le plus riche, alors que cette région représente 19 % de l’ensemble de la population. »

Le niveau de vie mensuel minimum des 10 % les plus riches en France commence à 3 328 € et concerne 6,4 millions de personnes, calcule de son côté l’Observatoire des inégalités. 7 180 € pour le 1 % (630 000 personnes) et 17 538 pour le 0,1 % (63 000).

Pour Anne Brunner, directrice d’études à l’Observatoire des inégalités, cette « surreprésentation » s’explique par la « grande concentration des centres du pouvoir en France. C’est là qu’on va croiser les cadres dirigeants, les hauts fonctionnaires, les professions libérales les mieux rémunérées en France. Cela s’explique aussi par les prix de l’immobilier ».

La coautrice du rapport convient que « 3 673 € par mois (soit le seuil de richesse proposé par l’Observatoire, concernant 4,5 millions de personnes, N.D.L.R.), ce n’est pas la même chose à Brest et à Paris ». Mais, « il reste que si l’on utilisait une notion de reste pour vivre — une fois qu’on a retiré du niveau de vie non seulement les impôts, mais aussi les dépenses contraintes —, quand on est aisé, on a pu choisir certaines de ces dépenses contraintes. Et, quand on est riche, on peut choisir d’aller habiter dans des endroits où le logement coûte nettement plus cher qu’ailleurs », juge-t-elle.

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Où vivent les « riches les plus riches » ?

« Les régions de province sont toutes sous-représentées parmi les lieux de résidence privilégiés par les super-riches », détaille le rapport. Si certaines se distinguent néanmoins, à l’image, par exemple, de l’Auvergne-Rhône-Alpes qui « abrite presque la même proportion de très riches (12 %) que sa part d’habitants dans la population française », c’est ainsi le cas du « Grand Ouest ».

Les Pays de la Loire accueillent 3,2 % des ménages situés parmi le 1 % le plus riche, la Bretagne, 2,7 % et la Normandie, 2,8 %.

L’Observatoire des inégalités a classé vingt grandes villes et arrondissements de plus de 20 000 habitants où « les riches sont les plus riches », en comparant les niveaux de vie annuels minimum des 10 % les plus riches de chacune et chacun. Le trio de tête se compose du 7e arrondissement de Paris (137 020 €), du 8e (125 030 €) et de Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine (122 390 €). Pour les villes de moins de 20 000 habitants : Veyrier-du-Lac, en Haute-Savoie (107 330 €), Divonne-les-Bains, dans l’Ain (104 130 €) et Le Vésinet, dans les Yvelines (99 300 €).

Dans le « Grand Ouest » : « rien à voir »

L’Observatoire des inégalités a produit, à notre demande, le même classement, par département, dans le « Grand Ouest ». Et, ce que l’on peut dire, c’est que l’on est très loin des seuils d’entrée dans les 10 % les plus riches à Paris ou dans les communes citées ci-dessus. « Ça n’a rien à voir », confirme Anne Brunner.

Cette dernière prévient : ces seuils sont relatifs au découpage administratif. Si la population de la ville est importante, ils vont « concerner beaucoup plus de monde » que dans une plus petite ville, camouflant donc parfois les plus grands revenus. Surtout, si certaines personnes font partie des 10 % les plus aisés de leur territoire, « ça ne fait pas forcément d’eux des riches », précise Anne Brunner. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’Observatoire propose de se saisir d’un seuil de richesse (3 673 € par mois), indique-t-elle. Et puis, ces seuils d’entrée dans les 10 % les plus riches d’un territoire donné cachent bien évidemment la diversité (ou non) des revenus individuels.

En Bretagne

Côtes-d’Armor

À Saint-Brieuc, le seuil d’entrée dans les 10 % les plus riches est de 34 930 €. Parmi les villes de moins de 20 000 habitants, se trouvent, en tête, Pléneuf-Val-André (46 040 €), Trébeurden (43 010 €) et Ploubazlanec (42 830 €).

Ille-et-Vilaine

Du côté des villes de plus de 20 000 habitants, Saint-Malo (41 430 €) devance Rennes (41 200 €). Sans distinction de petites ou grandes villes, on retrouve en trio de tête : Saint-Grégoire (55 090 €), Saint-Briac-sur-Mer (50 800 €) et Cesson-Sévigné (49 430 €).

Finistère

Le seuil d’entrée dans les 10 % les plus riches est de 37 290 € à Concarneau, 36 840 € à Quimper et 35 240 € à Brest. Du côté des villes de moins de 20 000 habitants, on retrouve : Carantec (48 850 €), Bénodet (48 040 €) et Bohars (45 100 €).

Morbihan

Le seuil d’entrée dans les 10 % les plus riches est de 42 340 € à Vannes, 34 560 € à Lorient et 31 500 € à Lanester. Sans distinction de petite et grande ville, on retrouve : Larmor-Plage (53 190 €), Arradon (53 100 €) et Baden (48 550 €).

En Normandie

Manche

À Cherbourg-en-Cotentin, le seuil d’entrée dans les 10 % les plus riches est de 35 440 €. Si l’on ne fait pas de distinction entre petites et grandes villes, le trio de tête se partage entre Agon-Coutainville (47 790 €), Jullouville (46 950 €) et Saint-Pair-sur-Mer (45 920 €).

Seine-Maritime

Parmi les villes de plus de 20 000 habitants, Rouen est en tête (40 220 €), puis Le Havre (33 860 €) ou encore Sotteville-lès-Rouen (32 990 €). Côtés cités de moins de 20 000 habitants, on retrouve Sainte-Adresse (66 660 €), Bois-Guillaume (59 090 €), Mont-Saint-Aignan (57 850 €).

Calvados

Le seuil d’entrée dans les 10 % les plus riches est de 39 870 € à Caen. Si l’on ne fait pas de distinction entre petites et grandes villes, le trio de tête se partage entre Mathieu (61 130 €), Saint-Contest (50 200 €) et Biéville-Beuville (48 590 €).

Orne

Le seuil d’entrée dans les 10 % les plus riches est de 33 300 € à Alençon. Sans distinction entre petites et grandes villes, on retrouve : Bagnoles-de-l’Orne Normandie (37 760 €), Saint-Georges-des-Groseillers (36 780 €) et Damigny (36 720 €).

Eure

Vernon (seuil d’entrée dans les 10 % les plus riches : 37 800 €) devance Évreux (33 230 €). Sans distinction entre grandes et petites villes, dans l’ordre : Le Vaudreuil (42 570 €), La Chapelle-Longueville (42 360 €), Saint-Ouen-de-Thouberville (39 300 €).

En Pays de la Loire

Mayenne

À Laval, le seuil d’entrée dans les 10 % les plus riches est de 36 540 €. Sans distinction entre petites et grandes villes, on trouve : Changé (41 060 €), L’Huisserie (38 540 €) et Bonchamp-lès-Laval (38 040 €).

Sarthe

Le seuil d’entrée dans les 10 % les plus riches est de35 760 € au Mans. Sans distinction entre petites et grandes villes, se succèdent : Rouillon (46 410 €), Sargé-lès-le-Mans (43 080 €) et Yvré-l’Évêque (42 720 €).

Maine-et-Loire

Parmi les villes de plus de 20 000 habitants, Angers (37 870 €) devance Cholet (35 900 €) et Saumur (35 310 €). En ce qui concerne les cités de moins de 20 000 habitants, on retrouve Bouchemaine (49 500 €), Les Garennes-sur-Loire (48 190 €) et Avrillé (41 300 €).

Vendée

Parmi les villes de plus de 20 000 habitants, le trio de tête est : Les Sables-d’Olonne (40 450 €), La Roche-sur-Yon (35 500 €) et Challans (35 160 €). Côté moins de 20 000 habitants, on trouve : Noirmoutier-en-l’Île (43 370 €), La Tranche-sur-Mer (39 600 €) et l’Île d’Yeu (39 440 €).

Loire-Atlantique

Parmi les villes de plus de 20 000 habitants, place à Vertou (45 220 €), Orvault (45 200 €) et La Chapelle-sur-Erdre (44 060 €). Côté moins de 20 000 habitants : La Baule-Escoublac (52 720 €), Sautron (50 510 €) et Sucé-sur-Erdre (48 870 €).

 
Laure BESNIER.    Ouest-France  

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