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PORTRAIT. À 16 ans, ce jeune de l’Orne ira aux championnats de France de tir en janvier... |
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Lucien Delozier, 16 ans, deuxième aux championnats de Normandie à Argentan ce week-end. © Ouest-France
À 16 ans, Lucien Delozier a obtenu une place de vice-champion de Normandie en tir, samedi 22 novembre 2025, à Argentan (Orne). Une place qui le mène tout droit aux championnats de France en janvier 2026 à Besançon (Doubs).
Dans le hall des expositions d’Argentan (Orne), au milieu du bruit des tirs des compétitions en cette fin novembre 2025, Lucien Delozier se faufile avec son sweat-shirt FFT sur le dos. « Ah oui, ça, c’est parce que je suis jeune encadrant à la Fédération française de tir », glisse-t-il. À 16 ans, il entraîne déjà les plus jeunes du club de tir d’Argentan. Rien, à première vue, ne le distingue des autres adolescents venus encourager leur équipe. Rien… Jusqu’au moment où il se place derrière son pistolet. Là, un autre Lucien apparaît. Le regard s’affine, le souffle se cale. « Ce que j’aime, c’est me dépasser », confie-t-il.
Chez les Delozier, le tir est presque une histoire de famille. Son père, ancien archer, a dû abandonner l’arc pour des raisons de santé, avant de trouver une nouvelle discipline : le tir au pistolet. Lucien n’a que 6 ans lorsqu’il l’accompagne pour la première fois au stand. Le déclic est immédiat. Il veut en faire. « Je me suis inscrit dès l’âge légal au tir, à 8 ans. J’ai compris le truc assez vite », raconte-t-il en souriant.
« Je gère bien le stress »
Aujourd’hui élève en première mécanique automobile au lycée Giel-Don-Bosco, le jeune habitant de Ménil-Hermei jongle avec un emploi du temps bien rempli. Son unique entraînement hebdomadaire, le samedi, dure quatre heures : précision 10 m, vitesse, et pistolet standard. Trois disciplines exigeantes qu’il concentre en une seule séance. « Je fais avec, je n’ai pas le choix. Mais c’est ainsi et ça me suffit pour progresser », assure-t-il. Là où d’autres s’entraînent presque quotidiennement, lui mise sur la rigueur mentale. « Je gère bien le stress. Même s’il y a de la musique derrière, ça ne me perturbe pas. »
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Un calme qui paie : depuis quatre ans qu’il fait des compétitions, les podiums sont réguliers aux championnats de Normandie, les qualifications aux championnats de France aussi, et une intégration au collectif régional. « Grâce à ça, je fais des stages, des matchs de contrôle, des rencontres face à la Bretagne ou l’Île-de-France. C’est un vrai laboratoire de performance, il y a une vraie émulation dans ces regroupements. »
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Quand on le retrouve après son passage, sa deuxième place régionale vient d’être annoncée : « L’essentiel, c’est d’être qualifié pour les championnats de France, comme l’an dernier. »