|
«Quand je grimpe, mon handicap est moins visible»: ce normand est champion du monde de para-escalade... |
1
Aloïs Pottier a été sacré champion du monde de para-escalade à Berne en Suisse le jeudi 10 août 2023. © DR
Aloïs Pottier, originaire de Saint-Georges-des-Groseillers, près de Flers, dans l’Orne, et licencié au club alpin de Caen, a remporté le championnat du monde de para-escalade à Berne, en Suisse, ce jeudi 10 août 2023 pour sa première participation.
« C’était inimaginable, j’ai encore du mal à réaliser », lance Aloïs Pottier. À 31 ans, le natif de Saint-Georges-des-Groseillers (Orne), a remporté le championnat du monde de para-escalade, dans la catégorie RP1 regroupant les athlètes ayant une force, une stabilité ou une amplitude limitée, le jeudi 10 août 2023 à Berne, en Suisse alors que c’était sa première participation.
Victime d’un AVC à 18 ans
Alois Pottier commence l’escalade au collège, en sixième, avec le club alpin du Pays de Flers, en loisirs. Peu à peu, il se met à la compétition. À l’âge de 18 ans, il est victime d’un accident vasculaire cérébral provoquant une paralysie incomplète du côté droit de son corps. Ce n’est pas pour autant qu’il se décourage. « A près mon accident en 2010, j’ai repris la para-escalade. Ça m’a beaucoup aidé au niveau de la coordination des membres, ça m’a permis de prendre plus de mobilité et de force. L’escalade c’est surtout les jambes qui permettent de pousser vers le haut. Quand je grimpe, mon handicap est moins visible », explique-t-il malgré ses problèmes d’élocution.
Après son lycée à Flers, Aloïs Pottier part à Caen pour ses études et rejoint le club alpin de Caen. C’est en 2019, qu’il débute la compétition de para-escalade. Il y a quelques mois, il termine troisième des championnats de France. « C’était mon objectif, pour pouvoir me qualifier à la coupe du monde. Puis, à la coupe du monde, j’ai remporté une manche et me suis qualifié pour les championnats du monde. Déjà ça, c’était une surprise  », poursuit celui qui est salarié au club alpin de Caen encadrant les jeunes.
« Je suis arrivé détendu »
En plus des trois séances d’entraînement par semaine, Alois Pottier pratique le vélo et la musculation pour performer au plus haut niveau. Lors des championnats du monde, il est sorti tranquillement des phases de qualification avant de s’attaquer aux plus forts de sa catégorie. « Il fallait aller le plus haut possible en un temps donné. Avant l’épreuve, j’ai fait pas mal d’exercices de musculation, je suis arrivé détendu ». Un titre de champion du monde qui renforce sa confiance et lui assure une place aux prochains championnats du monde à Séoul, en Corée du Sud, où il tentera de conserver sa nouvelle place de numéro 1.