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Qui doit donner le droit d’entraîner? Christiane Head-Maarek, figure des courses hippiques, interpelle le Conseil d’État... |
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Christiane Head-Maarek, ancienne présidente de l’Association des entraîneurs français, s’est exprimée au Conseil d’État, jeudi 12 mars 2026. © Daniel Fouray, archives Ouest-France
Connue pour avoir fait courir les pur-sang les plus célèbres du monde, la célèbre entraîneuse hippique, Christiane Head-Maarek, refuse la modification des conditions dans lesquelles est accordé l’agrément d’entraîneur. Après avoir interpellé le Premier ministre, c’est devant le Conseil d’État qu’elle est venue défendre sa cause, jeudi 12 mars 2026.
Depuis la vente du Haras du Quesnay en 2022, Christiane Head-Maarek, que l’on appelait aussi sur les champs de courses « Criquette », s’est faite discrète.
En 2022, à la suite de son père, Alec Head, la propriété familiale de Vauville (Calvados) qui s’étendait sur près de 280 hectares de pâturages, à quelques kilomètres de Deauville, a été cédée à l’homme d’affaires Stéphane Courbit, spécialiste des jeux audiovisuels et des jeux en ligne.
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Ministre de l’Intérieur ou de l’Agriculture ?
C’est dans ce contexte que Christiane Head-Maarek, qui fut pendant vingt ans, la présidente de l’Association des entraîneurs français et l’entraîneuse de la grande championne Trêve , a récemment écrit au Premier ministre afin de lui demander de procéder à l’abrogation du paragraphe II de l’article 12 du décret du 5 mai 1997 relatif aux sociétés de courses de chevaux et au pari mutuel.
Ce paragraphe a été modifié par un décret du 9 mars 2020 et précise désormais que les « autorisations de faire courir, d’entraîner, de monter et de driver les chevaux de course ne peuvent être accordées qu’après un avis favorable du ministre de l’Intérieur émis au regard des risques de troubles à l’ordre public qu’elles sont susceptibles de créer
».
Selon la requérante cette modification excède la loi du 2 juin 1891 qui réglemente l’autorisation et le fonctionnement des courses de chevaux. En l’absence de réponse du Premier ministre, Christiane Head-Maarek revenait devant le Conseil d’État à Paris ce jeudi 12 mars 2026, afin de demander qu’il soit enjoint au Premier ministre de procéder à l’abrogation de ce paragraphe.
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Elle rappelait que jusqu’alors ces autorisations étaient visées par le ministre de l’Agriculture, en phase avec la loi de 1891 qui prévoit que « sont seules autorisées les courses ayant pour objet l’amélioration de la race chevaline
», et soutenait que donner compétence au ministre de l’Intérieur relèverait de l’erreur de droit.
La requête rejetée ?
Le rapporteur public en charge de l’instruction du dossier n’a pas donné crédit aux arguments présentés par Christiane Head. Selon lui, « la notion de risque de troubles à l’ordre public est intelligible
» et justifie la compétence du ministre de l’Intérieur, « sans pour autant affecter la tutelle du ministre de l’Agriculture
».
Le magistrat propose donc le rejet de la requête de Christiane Head. Le Conseil d’État rendra sa décision dans les prochaines semaines.