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Rugby. Cours de français, McDonald’s et confiance : l’intégration réussie d’Emily Duffy au Stade Rennais... |
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La Canadienne Emily Duffy. © Jérôme Pages
À 24 ans, la Canadienne Emily Duffy a atterri au Stade Rennais dans l’espoir d’en apprendre un maximum sur le rugby et d’atteindre son rêve d’intégrer l’équipe nationale du Canada.
Originaire de Nouveau-Brunswick au Canada, Emily Duffy a rejoint le Stade Rennais Rugby cette saison. « Je ne suis pas assez bonne pour jouer dans l’équipe canadienne alors j’ai commencé par aller sept mois en Australie. J’étais à un haut niveau mais je voulais aller encore plus haut, explique la pilier. Mon manager a envoyé un message à l’entraîneur du Canada qui m’a aidé à trouver le Stade Rennais. J’ai eu un Zoom avec Julien (Gomez, l’entraîneur des avants) et Hugo (Mattes, l’entraîneur) et trois semaines après, j’étais en France. »
Même après avoir étudié le français pendant 13 ans, la barrière de la langue reste, par moments, difficile. « Les Italiennes (de l’équipe) et moi, nous prenons des cours de français et il y a une fille de l’équipe, Anne-Sophie, qui est bilingue. Elle m’aide beaucoup si j’ai une question ou que je ne comprends pas. »
« Plus de structure et de technique en France »
Pour trouver un travail, Emily Duffy a aussi dû faire face à quelques difficultés. « J’ai mon diplôme de kiné mais ce n’est pas la même chose ici. Je ne peux être qu’assistante kiné (en France) et il n’y a pas beaucoup d’emplois disponibles alors j’ai travaillé au McDonald’s les premiers mois. »
Si le rugby reste un sport universel, la Canadienne a tout de même relevé quelques différences entre pays. « Ici, il y a plus de structure et de technique. Par rapport au Canada, les filles sont plus petites mais elles peuvent être plus fortes en mêlée parce qu’elles ont plus d’éducation dessus, raconte la joueuse de 24 ans. Il y a aussi beaucoup de techniques de touches différentes, dix à douze, alors qu’à la maison (au Canada), il n’y en a que quatre ou cinq. »
« Une des raisons pour laquelle je joue, c’est que j’ai toujours été plus grande, en taille et en poids. Il n’y a pas beaucoup de sports où les filles comme moi sont célébrées. Au rugby, mes coéquipières sont contentes quand elles voient que je joue, parce que ce n’est pas juste une fille qui est grande, c’est qu’elle est forte. Ça me donne de la confiance, et avec ça, je donne aux filles qui sont plus jeunes, la confiance pour jouer. »