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Stade lavallois. « On sentait qu’on était sur un fil » : pourquoi Laval a changé de visage après la pause contre Nancy... |
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Plutôt convaincante en première période, l’attaque lavalloise incarnée ici par Trevis Dago n’a pas su exploiter les espaces laissés par la défense nancéenne après la pause. © Thomas Brégardis / Ouest-France
En 4-3-3, le Stade lavallois a proposé un visage séduisant en première période, vendredi 27 février face à Nancy lors de la 25e journée de Ligue 2 (1-1). Mais le rapport de force s’est inversé après le repos et les Tango ont fini par céder. La faute à des transitions mal gérées, trop de centres concédés et peut-être, aussi, la peur de gagner.
On s’est rapproché de la victoire mais ce n’est pas encore pour ce soir.
Vendredi, Olivier Frapolli avait la mine tristement habituelle d’un après-match à Le Basser. Le Stade lavallois y a concédé son cinquième match nul cette saison, face à Nancy (1-1), la colonne des victoires restant bloquée à zéro. Depuis quand on n’a pas chanté, crié ?
, se désole l’entraîneur mayennais. En championnat, trois mois. À la maison, dix.
« Mauvais choix et mauvaises passes »
On est déçu évidemment, on y croyait, parce qu’on a fait une bonne première mi-temps. On a créé, on a joué, on a animé les couloirs.
Dans un 4-3-3 inédit avec les meilleurs atouts offensifs du moment, Laval a en effet livré 45 minutes convaincantes. Il fallait prendre plus de risques offensivement, j’ai les joueurs pour le faire aujourd’hui
, appuie le coach.
Dago a pesé, Mbayo a provoqué, Sellouki a (enfin) marqué. De belles promesses, mais les Tango se sont écartés du scénario au retour des vestiaires. C’est difficile d’avoir deux mi-temps identiques dans un match, c’est très rare
, observe Frapolli. On n’a pas su breaker dans nos temps forts. On a pourtant eu beaucoup d’espaces dans leur dos mais on a très mal joué les transitions. On a fait des mauvais choix, des mauvaises passes.
« On sentait qu’on était sur un fil »
L’influence de Sellouki s’est progressivement éteinte, la condition physique de Dago aussi. Mbayo et Camara ont conservé leur vivacité mais parfois manqué de justesse technique. Résultat : aucun tir en seconde période. On n’a pas su installer notre jeu chez eux. Quand vous ne le faites pas, ça revient comme un boomerang. On sentait qu’on était sur un fil, que petit à petit, le rapport de force s’inversait. Et malheureusement, on a craqué.
En face, Nancy a toujours maintenu la pression. En négociant mieux les deuxièmes ballons. En multipliant les centres et les corners (dix contre deux pour Laval). Ils ont poussé, joué plus haut et très direct », confirme Olivier Frapolli, pour qui le passage à cinq défenseurs, à vingt minutes de la fin, n’explique pas le fait d’avoir reculé. « On reculait déjà depuis un moment, on subissait et on ne pesait plus devant.
Une remobilisation permanente
En cause aussi, peut-être, la gestion des émotions à quelques minutes d’une première victoire qui tendait les bras aux Lavallois. Cette peur inconsciente qui rend fébrile et fait déjouer. Je ne suis pas dans la tête des joueurs mais les consignes à la mi-temps étaient de continuer à attaquer, affirme pourtant l’entraîneur tango. Mais entre le dire et le faire, force est de constater que ça n’a pas fonctionné.
Débarrassés de la lanterne rouge mais toujours animés par une lueur d’espoir, les Lavallois vont se remettre au travail jusqu’à la réception de Guingamp, vendredi 6 mars. Le seul moyen d’être heureux dans notre métier, c’est de gagner des matches, conclut Olivier Frapolli. Tous les lundis, il faut retrouver l’énergie, remobiliser tout le monde. C’est ça qui est dur.