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VIDÉO. Contre de Davis, faute sifflée, arbitre déjugé : cette séquence qui peut changer la face de la saison du Caen BC... |
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À la toute fin de la première prolongation, Radshad Davis réalise un contre monstrueux sur Mathis Keïta. © Guillaume MARIE
Après cinquante minutes d’une âpre bataille, le Caen BC a fini par ramener Hyères Toulon et ses six professionnels aptes à la raison (104-95 a.2.p.), mardi 17 mars 2026. Mais bien avant que les Caennais ne fassent la différence au cours de la 2e prolongation, une action litigieuse est restée en travers de la gorge de l’entraîneur varois. C’était à 89 partout, à la toute fin de la première prolongation. On décrypte cette action en vidéo.
Au cours d’une rencontre aux 46 changements de leader et achevée en double prolongation, chaque possession vaut son pesant d’or. Mais certaines sont plus décisives et mémorables que d’autres. Citons en premier lieu ce panier primé de Siyani Chambers permettant au CBC de décrocher une première prolongation, puis les deux lancers francs réussis par Darel Poirier pour s’en offrir une deuxième.
Ce Caen BC - Hyères Toulon disputé mardi 17 mars 2026 a été riche en rebondissements et en suspense avec des changements de leader incessants et donc, deux prolongations à l’arrivée. Si les Caennais ont fini par décrocher un succès ô combien précieux (104-95), une autre action a été particulièrement décisive et contestée. À 89-89 et 18 secondes à jouer dans la première prolongation, Stéphane Dumas, le coach varois, prend un temps mort. En sortie de temps mort, Bensley Joseph remonte la balle, demande et obtient un pick, fait feinte de tirer à trois points face à Darel Poirier avant de servir Mathis Keïta à 2’’5 du buzzer.
Le contre décisif de Davis et un long échange entre les arbitres
Ce dernier drive et déclenche un lay up à 3 dixièmes du buzzer. À ce moment-là, surgit Radshad Davis, auteur d’un contre monstrueux en très haute altitude. Son intervention décisive semble licite mais l’arbitre présent ligne de fond siffle une faute, estimant qu’il y a eu un contact entre Davis et Keïta après le tir, ce qui crée une vraie incompréhension dans les rangs caennais.
Très vite, l’arbitre placé derrière le jeu interpelle son collègue et une longue discussion à trois s’ensuit. Pour les arbitres, trois questions doivent se poser à ce moment-là. Y a-t-il faute ? Si oui, a-t-elle été commise avant ou après le buzzer ? Et faut-il revoir tout cela à la vidéo, ce qui est possible ? Après un échange d’une quarantaine de secondes, les arbitres décident d’annuler la décision initiale, sans avoir recours à la vidéo, pourtant réclamée par l’entraîneur de Hyères. Estimant a priori que si faute il y a eu, ce dont ils semblent douter fortement, elle a été commise après que le buzzer a retenti. Résultat, 2e prolongation, avec le résultat que l’on connaît.
Dumas : « Comment peut-on ne pas revoir une action quand c’est la dernière du match ? »
En conférence d’après match, Stéphane Dumas a salué l’état d’esprit de ses garçons, avant de rapidement évoquer cette séquence, qui lui a laissé un goût amer. Lors de la faute sur Mathis Keita, il restait trois dixièmes et on aurait dû avoir deux lancers francs, regrette-t-il. L’arbitre a décidé de changer la décision de son collègue. Je suis très en colère. Je demande la vidéo, il me dit que ce n’est pas possible de regarder la vidéo. Comment peut-on ne pas revoir une action quand c’est la dernière du match, que le temps est terminé… C’est très frustrant parce que cette vidéo, elle ne sert à rien.
Lecrosnier : « Il n’y a absolument rien, si ce n’est un magnifique geste défensif »
Joint ce mercredi matin par téléphone, Jean-Baptiste Lecrosnier reconnaît que la colère de son homologue est légitime
. Mais salue à la fois l’action défensive de classe de Radshad Davis et la décision finale des arbitres. Pour moi, il n’y a pas faute du tout, estime l’entraîneur caennais. On est dans la dernière seconde et il me semble que c’est aux joueurs de décider du sort d’un match. Sur cette action-là, en essayant de rester pleinement objectif, il n’y a absolument rien si ce n’est un magnifique geste défensif. La décision a été déjugée très justement et j’apprécie que les arbitres aient pris la responsabilité de questionner leur collègue et de lui demander : “Tu es vraiment sûr de toi ? ”. C’est courageux de leur part.
Si cette « faute
avait été validée, Mathis Keïta aurait eu deux lancers francs et probablement offert la victoire aux siens (il a fait 5/6 dans l’exercice). Avec cette décision qui semble être la bonne, les arbitres ont laissé les joueurs avoir le dernier mot. Ce neuvième succès caennais, décroché au bout du suspense, change beaucoup de choses dans la lutte pour le maintien. Pour la première fois depuis longtemps, le CBC a deux victoires d’avance (et le point average) sur Quimper, le premier relégable. Peut-être qu’au soir de la dernière journée, il faudra se souvenir de cette séquence à 89-89 du mardi 17 mars.