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« Bien sûr, on va manifester » : en colère, les producteurs des « grandes cultures » sont prêts à passer à l’action... |
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Les trésoreries des céréaliers sont dans le rouge depuis trois ans, selon le président de l’AGPB. © Mathieu Pattier / Ouest France
Ce mardi soir au Salon de l’agriculture, les associations spécialisées en « grandes cultures » (maïs, blé, colza, betterave, pomme de terre) ont dénoncé l’application de la taxe carbone sur les engrais malgré les promesses du Premier ministre et du Président.
Maïs, blé, pomme de terre, betterave ou colza. Les représentants des « grandes cultures » (AGPB, FOP, AGPM, FOP et UNPT), affiliées à la FNSEA, ont, ce mardi soir au Salon de l’agriculture, poussé un gros coup de gueule contre l’État. Après avoir rencontré le Président de la République, samedi, puis le premier Ministre, ce mardi, ils ont eu la confirmation que la taxe « carbone » sur les engrais (MACF), mise en place au niveau européen, ne serait pas suspendue et serait bien applicable depuis le 1er janvier.
Contrairement aux engagements pris par Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu. Et le mystère règne sur la compensation financière… « On n’a pas eu de réponse précise… » , s’est indigné Eric Thirouin, le président de l’AGPB (blé). « La taxe MACF est équivalente à 13 € par tonne de blé… »
« Des trésoreries dans le rouge »
Cette annonce intervient dans un contexte de crise céréalière avec une tonne de blé (en sortie ferme) vendue à un peu plus de 150 €. « On est déjà sous les coûts de production. Nos trésoreries sont dans le rouge depuis trois ans ». Et la plupart des productions végétales souffrent économiquement.
« On nous parle de souveraineté alimentaire mais les surfaces en blé dur ont été divisées par deux depuis dix à quinze ans, le rendement des protéagineux aussi a été divisé par deux. Comme nos aides PAC… On a perdu 300 000 hectares de colza, soit 20 % des surfaces. C’est une usine (huile, alimentation animale, biocarburant, N.D.L.R.) qui disparaît… » énumère Benjamin Lammert, président de la FOP (Fédération française des producteurs d’oléagineux et de protéagineux).
Autre raison du courroux agricole : la loi d’urgence agricole, qui doit régler les problèmes sur l’eau, mais aussi les moyens de productions (pesticides) et la prédation (loup, ours, vautours). Elle était promise avant l’été par le Premier ministre. Avec une présentation au Salon de l’agriculture. Patatras.
« Rien n’est encore écrit… Et elle est rebaptisée loi de simplification », s’alarme Eric Thirouin. « On n’avance pas sur le stockage de l’eau », a dénoncé Franck Laborde (AGPM). « Un moment, la parole publique doit être transformée en actes. On n’en peut plus d’attendre » a déclaré Franck Sander, le président de la CGB (betteraves). « Bien sûr, on va manifester. »