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« C’est comme à la maison », à la Chaumière, la belle coloc pour des personnes souffrant d’Alzheimer... |
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La maison de colocation senior à Bagnoles-de-l’Orne, la Chaumière, créée par l’association CetteFamille. De face, Odette, 96 ans ; à droite, Anaïs Brault, responsable de la maison. © Martin ROCHE / Ouest-France
Près du bourg de Bagnoles-de-l’Orne, une jolie maison a été rénovée par la société CetteFamille. La Chaumière accueille quatre colocatrices accompagnées 24 heures sur 24.
L’habitat partagé va-t-il devenir la solution miracle pour l’accueil des personnes âgées ? Pas forcément. Mais ce dispositif est en plein boom. À Bagnoles-de-l’Orne, la société de l’Économie sociale et solidaire (ESS), CetteFamille a ouvert, en 2022,  une maison partagée pour des personnes âgées désorientées, ou atteintes de la maladie d’Alzheimer, qui ne peuvent plus vivre seules chez elles et doivent bénéficier de l’accompagnement d’un professionnel pour les gestes du quotidien ».
Née à Argentan, dans l’Orne, la société CetteFamille compte 100 maisons d’habitat partagé dans toute la France.
« Comme à la maison »
Anaïs Brault est la responsable de la Chaumière. Cette maison, entièrement rénovée, accueille actuellement quatre locatrices. Une cinquième chambre est disponible. Dans la grande pièce de vie, Odette, Sandra, Andrée et Simone se préparent à déjeuner. Odette, 96 ans, ancienne couturière chez Yves Saint-Laurent, discute avec Dominique Folghera, sa fille.  Maman ne pouvait plus rester seule chez elle,
explique-t-elle. Je connaissais Anaïs qui m’a parlé de l’ouverture de cette maison. La solution idéale pour nous. Maman est comme à la maison.Â
Les colocatrices participent à la vie de la maison : le ménage, la décoration, la préparation des repas…  Avec l’équipe, nous sommes présentes pour les accompagner et, surtout, les stimuler dans tous les actes de la vie. Nous avions des personnes qui, en arrivant, ne reconnaissaient plus une serviette ou un gant. Aujourd’hui, elles font leur toilette en autonomie.Â
Pour de nombreuses familles, l’habitat partagé est une très bonne alternative. Chaque locataire vit à son rythme. Grâce à l’encadrement, ils réapprennent des gestes du quotidien. Nos locatrices font des progrès tous les jours »,
insiste Anaïs Brault. La présence d’une équipe, toujours les mêmes personnes, est un autre atout. Les personnes souffrant de troubles cognitifs ont besoin de repères. Le son d’une voix familière peut être source d’apaisement dans une période de crise. Anaïs Brault résume :  Nous vivons dans une ambiance familiale.Â