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Cerisy-Belle-Étoile. Un an de prison ferme pour le compagnon violent... |
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Le compagnon violent a été condamné à douze mois de prison ferme. © Archives OUEST FRANCE
Ce mercredi 19 février 2020, un homme de 44 ans était présenté au tribunal judiciaire d’Argentan, dans le cadre d’une comparution immédiate. Le 14 janvier dernier, jour de Saint-Valentin, il avait violemment agressé sa compagne pour une phrase qu’il n’avait pas supportée.
« Ce qu’a vécu madame, c’est ce que vivent toutes les femmes victimes de violences conjugales. Il y a d’abord la domination du conjoint puis les violences dans le huis clos familial, le discrédit de la parole de la victime, les regrets et enfin la tendresse. » Dans son réquisitoire, le ministère public décrit le cycle des violences conjugales, cœur du dossier dont il a été saisi quelques jours auparavant.
Un déferlement de violence
Le 14 février 2020, une habitante de Cerisy-Belle-Étoile fait sa pause méridienne avec son compagnon, avec qui elle vit depuis 2013. Pour fêter la Saint-Valentin, elle lui offre un portefeuille d’une marque de luxe. S’ensuit une relation sexuelle dont le terme prend une tournure inattendue : après une phrase qu’il juge « malheureuse », la femme reçoit un véritable déluge de coups de la part de son concubin.
Pour s’extirper de cette situation, la victime appelle sa fille en lui faisant part d’un mal de tête. Cette phrase est en réalité un code qui signifie qu’elle vient de subir des violences. Examinée par un médecin légiste, la femme battue se voit prescrire quatre jours d’incapacité totale de travail (ITT) eu égard aux multiples ecchymoses sur son corps.
« Je reconnais une engueulade mais il n’y a pas eu de coups de poing ou de coups de pied. Je l’ai prise par les poignets et je l’ai repoussée », se défend le prévenu, 44 ans, taciturne. « Comment vous expliquez qu’il y ait autant d’ecchymoses ou d’hématomes ? », lui demande le président Bollon. « C’est du bourrage de crâne de la part de sa fille, rétorque-t-il. La grande est jalouse de notre relation. »
« Couverte de bleus »
Après le dépôt de plainte de la victime, le quadragénaire est aussitôt invité à se rendre à la gendarmerie pour s’expliquer. Déclinant l’invitation « par peur du contact avec les gendarmes », il se rendra aux forces de l’ordre, trois jours plus tard, en compagnie d’un ami. Ce dernier revendique avoir été témoin des faits et corrobore la version du mis en cause.
Les enquêteurs mènent une perquisition au domicile du couple, où ils retrouvent un fusil de chasse de catégorie C, non déclaré par le prévenu, ainsi que 540 € sur lui. « Vu mes antécédents judiciaires, l’argent c’était pour me préparer à la prison », assure-t-il.
Des explications sujettes à interrogations pour l’avocate de la partie civile dont la cliente est absente à l’audience. « Il se présente à sa convocation avec son propre témoin, ce qui est étonnant. » Revenant sur le certificat médical, elle évoque une femme « couverte de bleus » dont les propos corroborent les constatations du médecin.
Pathologie médicale
« Un homme ne doit pas toucher une femme, c’est une règle d’or », avance de son côté l’avocat de la défense. Cependant, il s’agace de certains manquements dans cette affaire. « Il présente une pathologie médicale mais ce n’est pas pris en compte. Rien sur une éventuelle altération, rien sur un éventuel discernement de son comportement. »
Dépeignant un homme « rangé » après dix condamnations, il met en exergue les efforts entrepris par son client depuis sa sortie de prison en décembre 2018. « Bien sûr, il faut que la justice soit ferme mais l’incarcération n’est pas la solution. »
Finalement, le tribunal reconnaît l’homme coupable des faits reprochés et le condamne à vingt-quatre mois de prison dont douze avec sursis et mise à l’épreuve de deux ans, avec maintien en détention. Par ailleurs, il doit se soigner, travailler et indemniser la victime, chez laquelle il a l’interdiction de paraître. Il lui est aussi interdit de repasser son permis de chasse avant deux ans et de détenir une arme durant cette même période. Enfin, son nom est inscrit au Fichier national des personnes interdites d’acquisition et de détention d’armes (Finiada).