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« Cimetière indien » sur Canal+. Un polar esthétique bâti sur les fantômes de la guerre d’Algérie... |
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Denis Eyriey (Adrien), Mouna Soualem (Lidia). © Ulrich Lebeuf
La série présentée au festival de la fiction de La Rochelle 2024 débarque enfin sur Canal+ ce lundi 7 avril. Un polar graphique, à cheval entre deux époques, qui se sert d’une enquête sur des crimes sordides pour décortiquer l’évolution de la société.
Les créations originales de Canal+ portent toujours bien leur nom. Et Cimetière indien ne déroge pas à la règle. La série se déguise en polar mais se démarque immédiatement par son esthétisme, sa mise en scène et son rythme singuliers. Par sa scène d’ouverture aussi, celle du scalp de l’ancien maire de Péranne, ville fictive en périphérie de Marseille (Bouches-du-Rhône), loin des calanques et des quartiers Nord qu’on voit habituellement à l’écran. De quoi raviver les souvenirs d’une enquête similaire sur la mort d’un imam qui a eu lieu en 1995.
Dès lors, ce polar, sombre et lent, voyage entre les années 1990 et aujourd’hui et prend le pouls de la société qui évolue. Une volonté assumée par Thibault Vanhulle, coscénariste et co-créateur de la série avec Thomas Bidegain ( Machine ) : « À l’écriture, c’était l’idée de la double temporalité qui nous plaisait, avec comme référence la première saison de True Detective. »
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Une enquête sociétale
Cette ambiance moite et périurbaine porte aussi une réflexion sur le poids de notre histoire et des non-dits du passé. Avec, en ligne de mire, le lien avec la guerre d’Algérie. Des traumatismes qui viennent justifier les meurtres. « C’est intéressant de se dire que la folie meurtrière de quelqu’un peut être en rapport avec l’évolution de son milieu et de son territoire », ajoute Thibaut Vanhulle.
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Le casting des deux époques révèle de nouveaux comédiens magnétiques, que l’on a hâte de revoir à l’écran, après cette série de huit épisodes dont le titre n’a pas été choisi par hasard. « À l’origine, l’expression fait référence à la dépossession et au non-respect des terres de sépultures amérindiennes sur lesquelles s’est bâtie l’Amérique. Le Cimetière indien, c’est le refoulé de l’Histoire. Ce sont les fantômes que l’on pense avoir conjurés pour de bon. Mais les fantômes ne meurent pas et ils continuent à nous hanter. Et parfois, ils ressortent, prêts à régler leurs comptes avec les vivants… », conclut Thibault Vanhulle.
Sur Canal+  et MyCanal, dès le lundi 7 avril à 21 h 10.