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Échalou. Elle l’accuse de violences conjugales mais se rétracte à l’audience... |
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Le tribunal judiciaire d’Argentan a condamné l’homme de 28 ans à une peine d’amende. © Archives Ouest-France
Mardi 11 février 2020, un homme de 28 ans comparaissait devant le tribunal judiciaire d’Argentan pour des faits de violence sur sa compagne, survenus en juillet 2019. Lors de l’audience, cette dernière est revenue de manière inattendue sur ses déclarations.
Le 17 juillet 2019, une jeune femme dépose plainte contre son compagnon avec qui elle est séparée depuis une semaine. Face aux gendarmes, elle explique s’être rendue la veille chez des amis, à Échalou, où son concubin est également présent.
Lors d’une discussion concernant son couple, la victime réaffirme à son amoureux qu’elle le quitte et qu’elle ne désire pas garder leur bébé. S’ensuit une dispute : lui désire récupérer les clés de la maison mais elle refuse.
L’histoire tourne alors au vinaigre : madame désire s’enfuir des lieux et regagner sa voiture mais monsieur la poursuit puis la violente en portant plusieurs coups au niveau de son ventre, de sa cuisse et de ses bras. La victime se verra prescrire cinq jours d’interruption totale de travail.
Il réfute toute violence
« Je suis jaloux et possessif. Mais toute cette histoire est fausse car je n’ai jamais frappé une femme et je ne le ferais jamais, avoue le mis en cause de 28 ans à la barre du tribunal. Elle s’est énervée et m’a donné des coups. J’ai alors pris ses avant-bras pour éviter d’en recevoir davantage. »
Perplexe, la présidente lui demande alors pourquoi une plainte est déposée à son encontre. « Je ne sais pas. Durant cette période, elle avait déjà des bleus et des marques sur le corps sans me préciser d’où ça venait. »
Invitée à se prononcer devant la juridiction, la jeune femme, qui est de nouveau en couple avec celui qu’elle accuse, tient des propos inattendus. « Je suis venue pour l’accompagner car j’ai été influencée, avance-t-elle. On s’est même posé la question de savoir si on ne m’avait pas droguée. »
« Deux personnes irresponsables »
À tel point que le 21 août dernier, elle décide de retirer sa plainte. « Le seul coup de pied que monsieur a mis, c’est dans le portail qui m’a ensuite heurtée. » « Dois-je conclure que vous avez fait un faux témoignage ? », rebondit le substitut du procureur. « Oui », lui répond timidement la jeune mère de famille.
Visiblement irrité par les propos tenus, le ministère public ne mâche pas ses mots durant son réquisitoire. « On a, face à nous, deux personnes irresponsables. »
Peinant à croire les deux protagonistes, il s’appuie sur les témoignages des amis du couple et les constatations du médecin pour caractériser les faits. Il requiert 800 € d’amende.
Dans une dernière prise de parole, le prévenu continue de nier. « Je ne vois pas en quoi je serais coupable de ce que je n’ai pas fait. J’ai juste maintenu ses avant-bras pour éviter des coups supplémentaires. Est-ce que maintenir les bras, c’est un signe de violence ? »
Des arguments qui n’auront pas convaincu le tribunal qui le déclare coupable et le condamne à une peine de 100 jours d’amende à 10 €.