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« Elle contribue à freiner le changement climatique » : ils ont découvert une tourbière près de leur manoir dans l’Orne... |
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Aline Le Grand et son mari sont attachés à une gestion écologique de leurs terres. © Ouest-France
Aline et Olivier Le Grand, les propriétaires du manoir de Soisay (Orne) ont découvert l’existence d’une tourbière sur leurs terres.
Aline et Olivier Le Grand effectuent régulièrement un inventaire de la flore et de la faune présentes sur leur terrain, mais ils ont longtemps ignoré qu’une tourbière existait sur leurs terres.
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 Nous avions tout de même remarqué que les ânes que nous mettions à cet endroit n’étaient pas passionnés par les plantes qui y poussaient
, sourit Olivier Le Grand.Mais en poursuivant notre inventaire, encouragés par Joachim Cholet de l’AFFO (Association Faune et Flore de l’Orne) et Aurélie Tran Van Loc, responsable biodiversité au PNPR (Parc Naturel Régional du Perche) nous avons identifié cette tourbière, dont la caractéristique rare est d’être alcaline, c’est à dire très peu acideÂ
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Les travaux de restauration de cet environnement ont été en partie effectués par des jeunes de la Maison familiale rurale.
L’intérêt écologique de la tourbière
Qu’est-ce qu’une tourbière ?  Une zone humide naturelle, qui, quand elle est en bonne santé, piège le carbone dans le sol, contribuant ainsi à freiner le réchauffement climatique. À l’inverse, une tourbière dégradée libère une grande quantité de CO2, ce qui va à contre-courant de ce qui est souhaitable.Â
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Les anciens propriétaires, pour maximiser la surface cultivable, avaient creusé un fossé pour drainer cet espace de 1 300 m² :  Nous allons le combler pour que la tourbière puisse bénéficier de l’eau de ruissellement dont elle a besoin, mais nous avons déjà la preuve qu’elle n’est pas abîmée puisque les plantes caractéristiques s’y sont bien développées depuis le premier inventaire de 2020 »,
précise le maître des lieux.
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Deux orchidées recensées
Des orchis négligés et epipactis des marais ont notamment été dénombrés.  En 2022, il avait été recensé 30 individus pour l’epipactis des marais et environ 150 individus pour l’Orchis négligé. Cette année, leur nombre est en augmentation avec environ 300 individus de l’espèce epipactis des marais et environ 250 individus de l’espèce Orchis négligé. Une population d’espèce floristique du type de ces deux orchidées est considérée comme viable quand le nombre d’individus est proche des 500 pieds. Actuellement, il est donc possible de considérer que la population d’epipactis des marais et d’Orchis négligé est viable sur le complexe d’habitats humides de la propriété.Â
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Soucieux de faire œuvre de pédagogie, les propriétaires organisent des écorandonnées pour comprendre le fonctionnement de la tourbière et apprécier sa biodiversité durant les Journées européennes du patrimoine.