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Flers. À 27 ans, le jeune illustrateur Romain Blais signe sa première bande dessinée... |
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Romain Blais est un jeune illustrateur originaire de Flers qui a grandi à Saint-Georges-des-Groseillers, dans l’Orne. © Ouest-France
À 27 ans, Romain Blais, illustrateur né à Flers et qui a grandi à Saint-Georges-des-Groseillers, dans l’Orne, commence déjà à vivre de son coup de crayon. En avril 2021, il signera ainsi pour la première fois les illustrations d’une bande dessinée.
Si la pandémie de Covid-19 ne lui avait pas joué des tours, Romain Blais aurait quitté son Bocage natal pour s’installer à Montréal, au Canada. Dans cette ville qu’il affectionne pour l’avoir déjà arpentée en vacances, il aurait puisé son inspiration pour ses dessins. À l’image de cette enseigne lumineuse géante qui vante les mérites d’une farine québécoise à grand renfort de néons rouges géants. « Dès que la situation sanitaire le permettra, je partirai », affirme-t-il. Il ne fera pas le voyage tout seul. L’un de ses meilleurs amis l’accompagnera.
En attendant, ce natif de Flers, dans l’Orne, a trouvé refuge chez ses parents à Saint-Georges-des-Groseillers. En mars 2020, quelques jours après le début du confinement, il a quitté son travail d’illustrateur à Unik, un studio graphique caennais. Ce contretemps n’a pas eu que des effets négatifs. Il lui aura aussi permis de se consacrer à ses commandes, de plus en plus nombreuses.
Nationale 7
Ainsi, mercredi 7 avril, il signera les illustrations des Chroniques de la Nationale 7, une bande dessinée (aux éditions Paquet), qui retrace les trajets des vacances vers le sud de la France, quand les autoroutes n’existaient pas. C’est la première fois que ses dessins se retrouveront sur les étals des librairies. Thierry Dubois, auteur de l’album, n’est pas un inconnu pour Romain Blais. « Je l’ai rencontré quand j’avais 15 ans. Je lui avais montré mes dessins. Il m’avait fait des critiques pour m’aider à progresser », se remémore l’illustrateur âgé de 27 ans.
Avec cet album, Romain Blais a pu se consacrer à l’automobile, l’un de ses sujets préférés, même s’il préfère les modèles des années 1930. « Mon père est un collectionneur de voitures. Quand j’étais jeune, nous allions à des rassemblements de 2 CV. » C’est là que son trait commence à se faire remarquer. Plutôt « timide et introverti », c’est dans le dessin qu’il a trouvé un moyen de s’exprimer.
Le style belge
« C’est mon grand-père qui m’a montré ma première BD. C’était un exemplaire tout déchiré de Gil Jourdan [une série policière franco-belge de bandes dessinées créée par Maurice Tillieux]. J’ai tout de suite été séduit », confie celui qui a toujours crayonné dans les marges de ses cahiers. Voilà pour le déclic. Il a ensuite beaucoup recopié le style de ce dessinateur, « l’un des meilleurs », juge-t-il.

Le travail de Romain Blais, un jeune illustrateur originaire de Flers, dans l’Orne, s’inspire beaucoup des années 1930. Romain Blais
Cette affection pour le style belge se retrouve dans la production du jeune illustrateur. Mais Romain Blais n’est pas qu’un simple imitateur. Il a sa propre patte : un peu comme si Tintin avait rencontré le New York des années 1930 sous fond de culture pop. Un coup de crayon détonnant qui a séduit jusqu’en Finlande.
Forrest
Olaf Brewing, une brasserie finlandaise, a ainsi fait appel au jeune Normand pour créer deux de ses étiquettes de bière. Sur l’une, c’est un chevalier qui se dévoile ; sur l’autre, c’est un footballeur qui apparaît. En ce moment même, toujours à l’affût de nouveaux projets, Romain Blais planche sur les dernières illustrations de Forrest, un magazine mettant à l’honneur la course à pied. Ça tombe bien, c’est une activité qu’il affectionne. Le magazine, qui a vu le jour grâce au financement participatif, devrait lui permettre d’asseoir encore davantage sa réputation.

Romain Blais, un jeune illustrateur originaire de Flers, dans l’Orne, va bientôt proposer ses créations à la vente sur Internet. Romain Blais
Pour ceux qui seraient séduits par le talent de Romain Blais, il faudra encore être patient avant d’accrocher à son mur l’une de ses créations. « Je réfléchis à mettre en vente des risographies – une technique d’impression – sur Internet. » De là à regretter que Romain Blais s’envole pour le Canada, il n’y a qu’un pas…
C’est sur Instagram, en attendant un nouveau site web, que Romain Blais expose ses œuvres : http://www.instagram.com/romain_blais