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« Gestapo », « facho » : sur la façade d’un lycée d’Alençon, des tags tracés pendant les vacances... |
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Des tags ont été bombés en lettres rouges et noires sur la façade du lycée professionnel Marcel-Mezen, à Alençon (Orne). © Ouest France
Des tags ont été tracés sur la façade du lycée professionnel Marcel-Mezen, à Alençon (Orne). Des messages surprenants pour un établissement qui porte le nom d’un ancien résistant. Une enquête a été ouverte.
« C’est le premier truc qu’on a vu ce matin en arrivant. » Yoni, 17 ans, a été très surpris en retournant au lycée professionnel Marcel-Mezen d’Alençon (Orne), ce lundi 24 février 2025. « Gestapo », « facho », « entrée des prisonniers » sont tagués en lettres rouges et noires sur la façade de l’établissement. Trois lettres également, « FDP ». « Moi, ça m’a juste fait penser à FAP, filtre à particules », sourit Maxime, 17 ans, qui étudie la mécanique des poids lourds.
« On ne voit que ça. Même une ambulance a ralenti ce matin en passant devant », ajoute son ami, Mattéo, 17 ans. « C’est n’importe quoi », lâche Maëlie, 17 ans également. Ils sont tous les trois élèves en transport routier de marchandises en troisième année. Ils affirment que le lycée est plutôt calme habituellement.
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Marcel Mezen, résistant alençonnais
Pourtant, plusieurs lycéens sont passés devant les tags ce lundi matin sans en comprendre la teneur. Certains ne connaissent pas l’histoire de Marcel Mezen, qui a donné son nom à l’établissement. Architecte né à Alençon, il entre dans la Résistance pendant l’Occupation, explique un communiqué du lycée à son nom. Le résistant est arrêté par la Gestapo en 1943 et déporté en Allemagne. Il meurt pendant l’évacuation du camp de Ellirch, en 1945.
L’ancien élu à la mairie d’Alençon, Dominique Artois, s’en est ému dans un message posté sur son compte Facebook.
Au commissariat de police d’Alençon, on confirme qu’une enquête est ouverte. De son côté, le lycée professionnel va porter plainte demain matin. Frédéric Fifi, secrétaire au pôle administratif de l’établissement, a été « stupéfait » en découvrant les inscriptions.
« C’est désolant, quand on connaît l’histoire de Marcel Mezen », réagit Sylvain Largy, proviseur de l’établissement. Il annonce que les tags auraient été tracés dans la nuit de vendredi 21 à samedi 22 février. La police a constaté l’incident lors d’une ronde et a prévenu le directeur le samedi matin.
Des discussions sont en cours avec les services administratifs de la ville pour effacer les tags. En réponse à l’incident, la direction pense mettre en place une démarche pédagogique auprès des élèves, notamment en expliquant l’histoire de Marcel Mezen.