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« L’émotion, c’est mon sujet » : le peintre Alain Ragaru propose une nouvelle exposition à Argentan... |
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Alain Ragaru, peintre argentanais, expose ses toiles à la galerie du Diable, rue du griffon. © Ouest-France
Jusqu’au 12 avril 2026, le peintre argentanais Alain Ragaru expose ses peintures pour la première fois dans la galerie du Diable, rue du Griffon à Argentan (Orne). Cet artiste, dont l’émotion est au centre de son travail, propose plus de soixante-dix nouvelles toiles.
En face de son bureau dans sa maison d’Argentan (Orne), deux petits tableaux sont accrochés. « Ce sont mes premiers. J’avais entre 11 et 12 ans », raconte l’artiste, Alain Ragaru. Une nature morte et un paysage sont peints. Soixante ans plus tard, le style du peintre est plus affirmé et le trait plus net mais les sujets restent identiques. L’Ornais présente plus de soixante-dix de ses toiles, du 29 mars au 12 avril 2026, à la galerie du Diable, rue du Griffon. Un lieu que ses œuvres ne connaissent pas encore.
Né en 1949 dans le quartier Saint-Martin, il développe très tôt son intérêt pour les pinceaux et les crayons. À 24 ans, il expose pour la première fois son travail à l’Hôtel de ville d’Argentan. Le début d’une longue série qui l’emmènera de Paris, à Honfleur (Calvados) en passant par le Maroc. S’il aime l’abstrait comme les « jeunes de son âge », son style a toujours été figuratif. « J’ai connu trop de copains qui peignaient pour être à la mode. »
« Je suis un émotionniste »
Ses trucs ce sont la lumière, la couleur et les angles. L’orange des abricots sort du fond noir d’une de ses natures mortes quand la neige éclaire la place Henri-IV d’Argentan dans l’un de ses paysages. « Je suis un émotionniste, s’amuse-t-il à répéter. Les impressionnistes peignent sur place. Moi souvent je fais des croquis et des dessins et je restitue l’émotion que j’ai du sujet dans mon atelier. Les réalistes peignent tous les détails. Quand on s’approche de mes toiles, on voit que ce n’est pas cas. L’émotion, c’est mon sujet. »
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Et après plus de soixante ans de peinture cela n’a pas changé. Et sa technique ? « Il y a toujours une évolution. Comme disait Cézanne peu avant sa mort : « Il me semble que je fais de lents progrès ». Et puis peut-être que si j’ai un jour j’ai Parkinson, le fait de trembler me donnera un autre style », sourit Alain Ragaru.
« Ce genre de lieu manquait »
Après avoir vécu sur la Côte d’Azur ou au Maghreb, l’artiste est revenu habiter dans sa ville natale. « Mes racines sont plus fortes que tout. J’aime bien le temps normand, je mourrai là. Ma tombe est déjà prête, de toute façon. » À Argentan, il regrette tout de même le manque d’expositions. « Heureusement que la galerie du Diable a été ouverte. Ce genre de lieu manquait. J’aimerais donner la chance aux jeunes artistes de continuer. On me dit qu’on peut aujourd’hui se montrer sur les réseaux sociaux, mais ce n’est pas pareil qu’une exposition locale dans une galerie. »
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Vernissage samedi 28 mars 2026 à partir de 17 heures dans la galerie du Diable 20, rue du Griffon à Argentan.
Permanence du dimanche 29 mars au dimanche 12 avril 2026. Accueil de l’artiste chaque jour en semaine de 14 h à 18 h et le dimanche de 10 h - 12 h 30 et de 15 h à 18 h.