|
« Le Mage du Kremlin ». À l’Est, rien de bien nouveau dans l’adaptation d’Olivier Assayas... |
« Dans Le mage du Kremlin », en salles ce mercredi 21 janvier, Olivier Assayas adapte le roman éponyme de Giuliano da Empoli. Mais son film, scolaire, ne raconte rien qu’on ne sache déjà sur les années Poutine
En avril 2022, on découvrait en librairies, aux éditions Flammarion, Le Mage du Kremlin , le premier ouvrage de fiction de l’écrivain et conseiller politique italo-suisse Giulino da Empoli. Il dressait le portrait de Vadim Baranov, une éminence grise de Vladimir Poutine, personnage inspiré de Vladislav Sourkov qui a accompagné au plus près sa prise de pouvoir.
Emmanuel Carrère à la co-écriture
Grand Prix du roman de l’Académie Française et présent dans la short-list des finalistes du Goncourt, le livre a connu un énorme impact, alors que l’Ukraine venait tout juste d’être envahie par la Russie. Quatre ans plus tard, arrive donc en salles son adaptation, avec aux commandes un très chic duo : Olivier Assayas à la réalisation et Emmanuel Carrère à la co-écriture. Le résultat se révèle inversement proportionnel à l’attente que ce projet a pu susciter.
Assayas – dont en 2010, Carlos avait pourtant prouvé la capacité à s’emparer brillamment d’un sujet politico- sociétal fort à travers le parcours du célèbre terroriste – passe à côté de son sujet. Son film est semblable à une fiche Wikipédia qu’on aurait étirée sur deux heures trente. Tant dans la construction de son récit – la nuit de confession de Baranov à un journaliste, construite en flashback et flashforward – que dans sa réalisation, tout apparaît ici incroyablement scolaire, dénué de toute aspérité. « Le mage du Kremlin » enchaîne mécaniquement des séquences qui ne révèlent rien qu’on ne sache déjà sur Poutine.
Même Jude Law déçoit
Comme si personne n’avait pris en compte le fait qu’entre la sortie du livre et aujourd’hui, le maître du Kremlin avait été raconté en long, en large et en travers, matin, midi et soir dans une multitude de reportages et documentaires.
Même la composition réussie de Jude Law en Poutine (face à un Paul Dano particulièrement amorphe en Baranov) ne parvient pas à réveiller ce long tunnel d’ennui. (2 h 25).