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« Le rebond est possible » : le pari de la souveraineté alimentaire sera-t-il gagné en 2035 ?... |
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La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a fait un point d’étape sur les conférences de la souveraineté alimentaire. © Mathieu Pattier / Ouest France
La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a fait un point d’étape des conférences de la souveraineté alimentaire, lancées en décembre 2025. L’objectif : produire plus en France.
À l’occasion du Salon de l’agriculture à Paris, la ministre Annie Genevard a voulu faire un point d’étape des conférences de la souveraineté alimentaire, lancées en décembre 2025. Les premières conclusions ont été présentées.
Ce sont quoi ces conférences ?
Lancées en décembre à Rungis, ces conférences visent à fixer un plan de reconquête de souveraineté alimentaire à dix ans. Sept groupes de travail ont été constitués pour étudier forces et faiblesses des différentes filières.
Avec l’objectif d’identifier les marges de reconquête de la production et de la transformation
, dans l’espoir de limiter les importations. Il faut notamment produire du cœur de gamme, trop délaissé ces dernières années. Le rebond est possible
, estime Ludovic Spiers, le coordinateur de ces conférences.
Quelle est la situation ?
Les différentes filières agricoles ont dressé leur diagnostic et trajectoire à dix ans. La filière volaille souhaite ainsi 280 nouveaux poulaillers par an, la viticulture préconise d’éviter les restrictions d’usage de pesticides que l’UE n’impose pas, le groupe grandes cultures
veut la structuration d’une filière pâtes françaises alors que la France produit du blé dur mais souffre d’un manque d’outils industriels pour le transformer, etc.
Nous avons des filières sur le point de disparaître si nous ne faisons rien. Nous importons par exemple 90 % des fleurs coupées. Il est urgent d’augmenter par exemple la production de houblon, de plantes aromatiques et médicinales ou de lin
, pointe Arnaud Montebourg, à la tête du groupe des productions végétales spécialisées.
Une demande revient régulièrement parmi les filières : simplifier l’administratif et les normes environnementales. Il n’est pas question de revenir en arrière. Il est seulement question de produire mieux et plus
, assure Ludovic Spiers.
C’est quoi la suite ?
Le dispositif va désormais se décliner dans chaque région, pour connaître la contribution possible des différents territoires aux objectifs fixés.
Le plan national de production et de transformation à dix ans
doit ensuite être présenté à l’été 2026. Pour ne pas que ce soit un feu de paille, il faudra un suivi sur plusieurs années
, prévient Ludovic Spiers.