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« Le travail de l’année parti en fumée »: les agriculteurs normands à nouveau touchés par les orages... |
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Après le passage de l’orage de mercredi 25 juin, le préfet de l’Eure est venu constater, à la demande des JA, les dégâts dans des parcelles agricoles à  Boissey-le-Châtel. © Jeunes Agriculteurs
Dans l’Eure, des grêlons ont ravagé des cultures de lin, de maïs ou de céréales, le 25 juin 2025. Dans l’Orne, un appel à la solidarité est lancé pour fournir de la paille et du maïs aux éleveurs sinistrés.
Bis repetita. Après les intempéries du vendredi 13 juin, les agriculteurs normands ont de nouveau essuyé, mercredi 25 juin, un violent orage. « Des grêlons de 2 à 5 cm ont ravagé des parcelles de lin, de colza, de maïs, d’orge ou de blé , indique Gilles Liévens, le président de la Chambre d’agriculture de l’Eure. Entre 200 et 400 exploitations agricoles euroises pourraient avoir subi de gros dégâts. »
Les cultivateurs situés « dans un couloir depuis Orbec (Calvados) vers Bernay, Brionne, Bourgtheroulde et du Neubourg jusqu’à la vallée de l’Andelle » ont été les plus durement touchés.
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Les colzas « détruits à 100 % »
Les moissons étaient sur le point de débuter dans ce département céréalier qui avait été davantage épargné par l’épisode du 13 juin que ses voisins du Calvados ou de l’Orne. « Les colzas, qui étaient arrivés à maturité, sont détruits à 100 %. Les siliques ont perdu leurs graines. Les lins sont pliés, leurs fibres cassées. Il faudra attendre deux à trois jours pour savoir si le maïs (ensilé à l’automne, N.D.L.R.) a la capacité de repartir. »
En un quart d’heure, « le travail de l’année est parti en fumée ». D’autant plus rageant que colza et orge s’annonçaient « prometteurs ». Des toitures de bâtiments agricoles se sont effondrées également. « Entre 30 et 40 % des agriculteurs de l’Eure disposent d’une assurance récolte. D’autres n’ont assuré qu’une seule culture (lin par exemple) contre la grêle. »
La majorité va devoir compter sur l’ISN, l’Indemnité de solidarité nationale qui a remplacé, en 2023, le régime des calamités agricoles. Mais elle ne se déclenche qu’à partir de 50 % de pertes de rendement pour les grandes cultures et elle ne couvre que 35 % des pertes, au-delà des 50 %. Le paiement interviendra « au mieux dans dix mois… » La profession agricole compte solliciter des dégrèvements d’impôts de taxe foncière, des crédits bancaires à taux 0 et des échelonnements de cotisations MSA.
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Inquiétude pour nourrir les vaches
Les Jeunes agriculteurs (JA) de l’Eure disent s’inquiéter pour le stock fourrager. Faute de maïs à ensiler, des éleveurs pourraient avoir du mal à nourrir leur troupeau cet hiver. Et il est trop tard pour ressemer du maïs. Dans l’Orne, la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles) appelle à la solidarité départementale « afin de réserver le maïs à l’élevage » plutôt qu’aux méthaniseurs. L’entraide devra jouer aussi pour fournir de la paille aux sinistrés.
« Une cinquantaine d’exploitations agricoles ont été touchées, notamment dans la région de Carrouges et de L’Aigle, où des champs de maïs ont été détruits » , indique Sylvain Delye, président de la FDSEA de l’Orne. La quasi-totalité n’est pas assurée. Le 13 juin dernier, l’orage avait déjà touché une centaine de fermes dans la région de Flers. Un épisode au cours duquel, dans la Manche, 51 exploitations agricoles de la région du Teilleul ont perdu 572 ha de maïs et 273 ha de blé.