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« Mes clients sont des amis » : dans ce village morbihannais, à 90 ans, elle gère le bar depuis plus de 60 ans... |
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Christiane Le Pichon, entourée par deux de ses fidèles habitués, Michel et Gérard, au bar Les 4 As, à Gourin, où elle vient de fêter ses 90 ans et ses 60 ans à la tête du café. © Ouest-France
Pour Christiane Le Pichon, 2026 est l’année d’une double célébration. Elle fête ses 90 printemps, et ses 60 ans à la tête du bar Les 4 As, dans la rue Jean-Moulin, à Gourin. Les secrets de cette longévité ? Un dynamisme et une générosité salués par tous ses clients fidèles.
Comme chaque jour, depuis 60 ans, Christiane Le Pichon accueille les habitués du bar Les 4 As à Gourin. Je ne les considère pas comme des clients mais plutôt comme des amis
, affirme la gérante, âgée, aujourd’hui, de 90 ans. Une relation réciproque. Certains la préviennent quand ils ne peuvent pas venir. Il m’arrive aussi de les appeler pour avoir des nouvelles
, précise-t-elle, en souriant.
Ils s’envolent pour l’Amérique
Avant de prendre la tête du bar, Christiane Le Pichon a voyagé. Née à Gourin en 1936, elle grandit dans une petite ferme, à Neiz yar, dans la campagne gourinoise. Dès l’école, elle rencontre celui qui deviendra son mari, Christian Le Pichon. Juste après leurs noces, en 1958, ils s’envolent pour New York, où ils vont rester huit ans. À cette époque-là, beaucoup de Gourinois partaient pour l’Amérique. N
ous avons été accueillis là-bas par ma sœur et un de mes quatre frères. Avec Christian, nous avons travaillé au restaurant La Cave Henri IV, c’était un bel endroit.
À New York, le couple donne naissance à deux enfants : Francis, née en 1960 et Lysiane, en 1963. C’est pour eux que nous avons décidé de revenir en Bretagne. Moi, je me plaisais bien à New York. Au retour à Gourin, c’était dur. J’ai pleuré plus d’une fois !
Lire aussi : Retour à Gourin, sur les traces des Bretons partis pour l’Amérique
Christian Le Pichon devient facteur ; Christiane, elle, prend la tête du bar Les 4 As. J’ai tout de suite rencontré un grand succès. Il y avait de l’ambiance avec le juke-box, le baby-foot et les longues parties de cartes.
Un bar d’habitués
Aujourd’hui, l’ambiance est plus calme, mais le lieu figure toujours comme « le rayon de soleil quotidien » de Christiane. Après le décès de son mari en 1992, elle compte désormais sur le soutien de ses enfants, notamment de sa fille et gendre, qui vivent tout près.
Avec mon mari, nous avons été surpris de découvrir ce café, au détour d’une promenade en ville. Nous avons été charmés par le grand comptoir, les tables et les chaises à l’ancienne
, confie Marie-Claire, installée récemment à Gourin. Et ce qui nous a le plus séduits, c’est l’accueil de Christiane, son sourire et sa gentillesse. Elle s’intéresse à chaque personne qui passe la porte de son café. Même les chats perdus du quartier y trouvent refuge !
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Le bar de Christiane est ouvert tous les jours, il est fermé de 13 h à 16 h et le dimanche après-midi.