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« On voudrait faire plus » : l’Orne espère avoir une unité de soins palliatifs

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photo  florence sokolovski est infirmière en soins palliatifs, à l’hôpital de mamers (sarthe), depuis vingt ans.  ©  ouest-france 3

Florence Sokolovski est infirmière en soins palliatifs, à l’hôpital de Mamers (Sarthe), depuis vingt ans. © Ouest-France

L’Orne fait partie des vingt et un départements dépourvus d’unité de soins palliatifs. En compensation, le territoire a été doté de quarante lits identifiés palliatifs. Un pis-aller ne garantissant pas les mêmes moyens.

L’Orne, département le moins peuplé de Normandie, ne dispose pas d’unité de soins palliatifs (USP). Pour prendre en charge les patients en fin de vie, l’Agence régionale de santé a doté le territoire de quatre équipes mobiles de soins palliatifs, mais aussi de lits identifiés soins palliatifs (Lisp). « Les professionnels y appliquent une démarche palliative spécifique, au sein de services non totalement dédiés aux soins palliatifs, confrontés à des fins de vie ou des décès fréquents. La coordination des soins est assurée par deux référents en soins palliatifs (médecin et soignant) ayant une expertise dans le domaine », précise l’Agence.


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Ce dispositif de quarante lits, répartis dans sept établissements de santé, ne bénéficie pas des moyens déployés dans les unités spécifiques, notamment en matière d’effectifs. À l’hôpital de Mamers (Sarthe), dépendant du centre hospitalier intercommunal d’Alençon Mamers (Chicam, Orne et Sarthe), les dix Lisp partagent le même étage et une partie de l’équipe soignante du service des soins de suite et de réadaptation (SSR). « Je suis la seule médecin référente. Dans une unité spécifique, nous serions deux. Mon remplaçant est retraité et a déjà annoncé qu’il arrêterait l’intérim l’an prochain. Il faudra trouver une solution. La création d’une unité de soins palliatifs en est une » , explique Nastasia Tournant, qui a rejoint Mamers dès la fin de son internat à Caen (Calvados), il y a quatre ans.

Les soins palliatifs consistent principalement à gérer la souffrance et le confort des patients, ainsi qu’à accompagner leurs familles. « Ce sont des tâches qui demandent du temps. Mais ici, nous devons aussi nous occuper des patients de SSR réclamant beaucoup d’attention. Une toilette mobilise parfois deux personnes. Nous réalisons, bien entendu, tous les soins dont ont besoin les patients en fin de vie, mais nous voudrions faire plus, passer davantage de temps dans les chambres pour administrer des massages ou discuter plus longtemps, tout simplement », regrette Florence Sokolovski, infirmière en soins palliatifs depuis vingt ans.

photo nastasia tournant est l’unique médecin référent du service de soins palliatifs de l’hôpital de mamers. en plus des soignants, des bénévoles viennent chaque semaine rendre visite aux patients en fin de vie.  ©  ouest-france

Nastasia Tournant est l’unique médecin référent du service de soins palliatifs de l’hôpital de Mamers. En plus des soignants, des bénévoles viennent chaque semaine rendre visite aux patients en fin de vie. Ouest-France

photo les dix lits identifiés soins palliatifs du site de mamers, dépendant de l’hôpital intercommunal alençon – mamers, partagent le même étage et une partie de l’équipe soignante du service de soins de suite et de réadaptation.  ©  ouest-france

Les dix lits identifiés soins palliatifs du site de Mamers, dépendant de l’hôpital intercommunal Alençon – Mamers, partagent le même étage et une partie de l’équipe soignante du service de soins de suite et de réadaptation. Ouest-France

« Zoothérapie, sophrologie »

Ces traitements alternatifs font souvent défaut dans le protocole de soins réservé aux patients en Lisp. C’est l’une des différences majeures avec les véritables unités de soins palliatifs. Les équipes, dans l’Orne, ne manquent pas d’idées mais, encore une fois, de temps. « La zoothérapie, la réflexologie, la sophrologie… Dans le cadre d’une USP, nous pourrions mettre en place ce type de pratiques. Nous le voyons au quotidien, dès lors que les patients ne souffrent plus, ils ne veulent plus mourir », ajoute la Dr Tournant.

Exercer en soins palliatifs est une vocation pour les soignants. La création d’une unité dédiée permettrait de fidéliser les effectifs actuels et d’en recruter d’autres, dans un département particulièrement mal loti dans le domaine, qu’il s’agisse de pratiques de ville ou hospitalière. L’hôpital d’Alençon-Mamers l’a compris, confirme Lucie Balligand, directrice adjointe du Chicam. « Nous sommes en discussion avec l’Agence de santé. Une demande officielle sera bientôt formulée. »

 
Églantine FEREY.    Ouest-France  

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