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Ségrie-Fontaine. Deux métiers de l’environnement se complètent... |
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Julie et Johan près d’un panneau d’interprétation du type de ceux qu’ils sont amenés à réaliser ensemble. © Ouest-France
Julie Thivol, chargée de mission du réseau Natura 2000 et Johan Hermann, éco-interprète, présentent les spécificités et complémentarités de leurs métiers respectifs.
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Ils sillonnent les prés carte géo en main, ils traquent les bestioles de nuit comme de jour, ils grimpent aux arbres, parcourent les rivières équipés d’aquascopes et de wadders, vont dans les grottes, les caves… Ils ont des noms étranges : chiroptérologue, mammalogiste, malacologues, éco-interprète, gestionnaire de milieux… Qui sont ces êtres étranges ? Pendant quatre semaines, ils vont se dévoiler et l’on saura tout, ou presque, sur qui fait quoi, où, quand, comment, dans cette grande famille que sont les spécificités des métiers de l’environnement.
Complémentarité et gain d’efficacité
Julie Thivol et Johan Herman, du Centre permanent d’initiatives environnement (CPIE) des Collines Normandes, sont de plus en plus souvent amenés à travailler ensemble sur des projets de valorisation des patrimoines naturel et humain, où leurs compétences se croisent.
« Nous gagnons en efficacité, en pertinence par rapport à la demande du maître d’œuvre. Nous travaillons en cohérence avec les éléments existants et nous bénéficions de nombreuses personnes-ressources (élus, associations, particuliers, documentalistes…) qui nous permettent de proposer un projet qui va souvent au-delà de la simple connaissance de l’environnement. Ensuite, le projet émerge au bout de quelques mois, avec toujours une petite pointe d’appréhension. »
Eco-interprète, métier importé d’Amérique du Nord
L’éco-interprète est un métier originaire des États-Unis et du Canada, pays qui souhaitaient valoriser les grands espaces sauvages auprès du plus grand nombre.
Adapté en France, l’éco-interprète mène des animations sur le thème de l’environnement et propose des projets d’interprétation. Ces derniers se concrétisent ensuite par des sentiers, équipés d’un média d’accompagnement : panneaux d’information et d’interprétation, livrets découverte et, aujourd’hui, des applications sur smartphones et tablettes.
« Notre mission, c’est de révéler au grand public l’intérêt d’un site : les milieux naturels, leurs richesses floristiques et faunistiques, leur histoire locale, leurs édifices et espaces patrimoniaux, leur passé historique, le pourquoi des aménagements… »
Conjuguer milieux naturels et activités humaines
La chargée de mission du réseau Natura 2000 est une personne de formation scientifique (environnement, agriculture) dont la mission au sein d’un site Natura 2000 est de permettre la préservation de milieux naturels et d’espèces en lien avec les activités humaines présentes.
« Nous recensons la faune et la flore concernées par la démarche Natura 2000 puis informons les usagers (agriculteurs, propriétaires, forestiers, pêcheurs, etc.) de la présence de ces espèces et leur demandons éventuellement d’adapter leurs pratiques. Nous pouvons être amenés à proposer des dispositifs rémunérés pour aider les usagers à gérer ces milieux. Pour les agriculteurs volontaires par exemple, nous leur proposons des Mesures agro-environnementales et climatiques (Maec) qui, en Normandie, visent à garder des prairies. Nous avons aussi un volet important d’information et de sensibilisation auprès du public pour mettre en valeur le site et faire comprendre aux usagers l’intérêt de la protection, notamment pour préserver et/ou améliorer la qualité de l’eau. »
Compétences requises
L’un et l’autre de ces métiers ont les mêmes interlocuteurs : collectivités locales, territoriales et institutionnelles (Agence de l’eau, l’Agence française de la biodiversité…), acteurs locaux (associations, agriculteurs, le grand public). Ils nécessitent une grande polyvalence, de la pédagogie et de la souplesse dans les relations humaines, de la concertation, la capacité de travailler en partenariat, de la curiosité… À chaque nouveau projet, thèmes et sujets sont à découvrir, accompagnés de travail administratif, d’interventions sur le terrain (inventaires en tous milieux…).