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« Stellantis traverse une grave crise » : le géant automobile annonce un coûteux plan... |
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Stellantis a dévoilé des charges exceptionnelles de plus de 22 milliards d’euros. © Marc Ollivier/Ouest-France
Le groupe franco-italo-américain revoit entièrement sa stratégie et cela lui coûte plus de 22 milliards d’euros. D’autres annonces pourraient suivre en Europe.
« Les montants sont surprenants », souligne Christine Virassamy, responsable CFDT de Stellantis. Quelques jours avant l’annonce de ses résultats, le géant automobile a dévoilé des charges exceptionnelles de plus de 22 milliards d’euros. Une somme qui vise à appuyer sur le bouton « reset », autrement dit à financer la nouvelle stratégie affirme le constructeur.
Le but est de répondre aux attentes des automobilistes et s’assurer une croissance rentable à l’avenir, soutient Antonio Filosa, à la tête du groupe depuis mai 2025. Par le passé, Stellantis a « s urestimé le rythme de la transition énergétique  » tacle le dirigeant du groupe franco-italo-américain. Il évoque aussi « l’impact de problèmes opérationnels antérieurs », mettant ainsi la grosse ardoise sur le compte de son prédécesseur Carlos Tavares.
Mais la facture vise aussi à financer le fait de « refaire du thermique, d’arrêter des programmes… Tout cela a un coût », souligne Bernard Jullien spécialiste de l’industrie automobile et maître de conférences à l’université de Bordeaux. Les charges annoncées couvrent avant tout les changements stratégiques opérés aux États-Unis.
« Des cris et des larmes en Europe » ?
« Il faudra s’attendre à de nouvelles annonces car l’ensemble des dégâts à réparer en Europe ne sont pas totalement intégrés », précise Bernard Jullien. Après les scandales Takata et les problèmes de qualité sur les moteurs Puretech notamment, le groupe doit reconstruire son image pour séduire de nouveaux les clients, ce qui a un coût. « Stellantis traverse une grave crise », alerte Bernard Jullien. « Des cris et des larmes sont à redouter en Europe », ajoute-t-il avec un écosystème Stellantis menacé.
Dans ce contexte, le groupe annonce qu’il ne versera pas de dividende en 2026. La réaction sur les marchés financiers a été immédiate : le titre a plongé de plus de 25 % à la Bourse de Paris, effaçant plus d’un quart de sa valorisation boursière.
Côté salarié, « ce n’est pas positif et ça augure d’une négociation serrée sur nos primes d’intéressement et salariales », souligne Christine Virassamy. « Il y a beaucoup de questions en suspens », ajoute-t-elle. « Mais la stratégie de vouloir refaire du volume est rassurante : cela pourrait signifier que l’on va créer plus d’emplois ». Le groupe aussi garde l’espoir d’une amélioration en 2026 et table sur une hausse de ses ventes de 9 % au quatrième trimestre dernier.