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La déception des propriétaires de voitures brûlées

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photo la déception a été grande pour les propriétaires des véhicules incendiés hier lors de la réunion au centre social de courteille. 1

La déception a été grande pour les propriétaires des véhicules incendiés hier lors de la réunion au centre social de Courteille.

Ils pensaient que le fonds de garantie viendrait en complément de leurs assurances. Ils ont expriméleur désarroi à la permanence de l'association d'aide aux victimes.

Reportage

« On vient vous expliquer les démarches pour se faire indemniser. » 14 h, hier dans les locaux du centre social de Courteille. Comme chaque vendredi, l'association d'aide aux victimes tient une permanence. Après les incendies de voitures, une douzaine de victimes du quartier mais aussi de Perseigne sont présentes. « Le fonds de garantie intervient si les assurances ne prennent pas en charge. » À l'énoncé de cette condition, la réaction des victimes est vive. « Le maire et Mme le procureur ne nous ont pas dit ça mercredi. Ils ont dit que c'était deux choses distinctes. » L'incompréhension est totale, la déception grande.

« Bernés »

Malvina, 72 ans, propriétaire d'une Saxo. « Ma voiture à 9 ans, 130 000 km. Elle est régulièrement entretenue, j'ai toutes les factures, je pensais que c'était ma dernière voiture. J'ai regardé l'Argus, elle cote 1 900,00 €. Comment voulez-vous que je retrouve une voiture pareille à ce prix-là. Ça ne va pas. On se sent berné. » Même sentiment chez Stanislas. « J'ai investi il y a deux ans et demi dans une 406. Elle a 240 000 km, je n'ai jamais eu de souci. Aujourd'hui, elle vaut 4 200 € à l'Argus. Aujourd'hui, si je veux racheter le même modèle, il aura 100 000 km de plus. De toute façon, on perd de l'argent dans cette histoire. On avait compris que l'indemnisation comblerait la différence. »

Besoin de parler

Le jeune homme a vu sa voiture brûler dans la nuit de mardi à mercredi. « J'ai quitté le quartier depuis. Je ne peux plus y vivre. » Sans emploi, il a refusé une mission intérim « car je ne pouvais pas me déplacer. » Son assurance lui a prêté une voiture « mais j'ai laissé une caution de 350 € et il se passe quoi s'il arrive encore quelque chose ? »

Les unes après les autres, les victimes exposent leur cas, tous différents. Au-delà de l'indemnisation, c'est encore et toujours le besoin de parler qui apparaît évident. Trois jours après les faits, elles sont encore sous le choc. « Depuis trois nuits, je me réveille en voyant les voitures brûler et je pleure. Ce week-end, je devais aller fêter l'anniversaire de ma fille. Je l'ai appelée pour lui dire que ce n'était plus possible et on a pleuré toutes les deux », poursuit encore Malvina en essayant de sourire malgré tout.

Incompréhension

Interrogés hier soir, le maire et la procureur de la République précisent les choses. « On leur a dit que dans tous les cas, il y aurait indemnisation mais on n'a jamais dit que le fonds de garantie viendrait en complément de ce que pourraient donner les assurances », indique Carole Etienne, procureur de la République qui se désole de cette incompréhension. Pour les autres préjudices, moral et psychologique, frais entraînés pendant la perte du véhicule, ils seront envisagés quand les auteurs seront retrouvés et que les victimes se seront constitué parties civiles. « En attendant, on essaie de les aider. On étudie la possibilité de leur offrir une aide juridique et il y aura des entretiens individuels pour les aider à constituer le meilleur dossier. »

Même chose côté municipalité. « La Ville a pris en charge l'enlèvement des véhicules quand les assurances ne le faisaient pas, précise Catherine Bescond, directeur de cabinet de Joaquim Pueyo. On propose aussi d'accompagner les victimes pour les aider. Elles peuvent également prendre contact avec le CCAS (1) qui les aidera pour leur démarche et aussi par des propositions de microcrédit. »

 
Jean-Luc LOURY.   Ouest-France  

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