|
Le trotteur Ourasi, bien plus qu'un cheval... |
1
Autour de la stèle hommage à Ourasi, les proches du crack : Philippe Renouf, son lad; Gérard Fortier, admirateur de la première heure; Michel-Marcel Gougeon, le driver; André Dubois, ancien driver; Pierre Lamy, directeur du haras de Gruchy; Mme Ostheimer, propriétaire et Annie Jumel, sa dernière nounou.
Le quadruple vainqueur du Prix d'Amérique a désormais sa stèle au haras de Gruchy, près de Bayeux. Hier, jour anniversaire, plus de 250 personnes sont venues saluer la mémoire du crack décédé en janvier.
Des yeux humides, quelques nez qui reniflent, et pas seulement à cause de la température qu'un soleil hivernal peine à réchauffer, l'inauguration de la stèle en hommage à Ourasi hier après-midi au haras de Gruchy à Saon, était empreinte d'émotion. Près de trois mois après sa mort, le jour de son 33e anniversaire, plus de 250 fans venus de toute la France étaient présents pour rendre hommage au crack, quadruple vainqueur du Prix d'Amérique.
Nathalie et Sylvain, éleveurs de chevaux de course, à Orléans sont de ceux-là. « Je ne pensais que ça me mettrait dans cet état, confie Nathalie entre deux sanglots. La trentenaire n'a pas eu la chance de le voir évoluer sur la piste. « C'était un cheval de légende. Je suis venu le voir deux fois ici, tardivement car je ne pensais pas qu'on pouvait lui rendre visite. C'est un cheval de légende. » Jappeloup lui a procuré les mêmes émotions. « Ce sont des chevaux au destin fabuleux. Je ne suis pas sûre qu'aujourd'hui ces chevaux auraient le temps de s'exprimer. »
« Majestueux »
Après l'hommage rendu par Annie Jumel, qui a veillé sur lui pendant sa retraite et à l'origine de la journée à laquelle ont assisté entre autres Philippe Renouf, le lad de toujours, Minou Gougeon, qui remporta le 4e prix d'Amérique du crack en 1990 ou encore Mme Ostheimer, éleveur et propriétaire, les « anonymes » évoquent les souvenirs.
« Il était le plus majestueux, c'est tout », confie Charlotte de Condé-sur-Noireau. Céline et sa fille Justine, de Ham, commune située à 70km d'Amiens, était venues le voir l'été dernier : « Je l'avais promis à ma fille si elle avait son bac. » Pour elle, Ourasi « c'était la classe naturelle. C'est lui qui décidait, il se donnait pour son public. Je l'ai vu grâce à mes parents à Vincennes en 1990, c'était spectaculaire. Je ne crois pas qu'on en reverra un comme ça. »
Le Nantais André Dubois, ancien driver, a laissé un gala de danse ce dimanche pour venir à Gruchy. « À l'époque, il y avait Platini, Prost, Noah et lui. Il faisait l'ouverture du journal télé. Je me souviens de l'hommage que lui a rendu l'hippodrome de Cagnes. Plus de 15 000 personnes venues un soir d'été sur une musique classique, j'en ai encore des frissons. » Ou encore cette course du siècle, aux États-Unis, face à Mack Lobell, « je m'étais abonné à Canal exprès pour suivre la course qui avait lieu à 3 h du matin. » Le crack disparu n'en finit pas de faire causer. C'est désormais autour d'une stèle que les supporters croisent désormais leurs souvenirs.
Regarder la vidéo sur ouestfrance.fr/bayeux
Ouest-France