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Les plages à l'Unesco : le difficile pari de 2014... |
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Arromanches, l'une des cinq plages qui espèrent le classement au Patrimoine mondial. © Jean-Yves Desfoux.
Le dossier de candidature des plages du Débarquement était présenté hier au conseil régional.Une étape dans un long processus pour une éventuelle inscription au Patrimoine mondial.
Les plages du Débarquement classées au Patrimoine mondial de l'Unesco le 6 juin 2014 pour le 70e anniversaire ? Science-fiction ou projet réaliste porté par la Région Basse-Normandie ? Ce dossier était à l'ordre du jour de la session du conseil régional, hier, à Caen.
L'idée est de placer les plages au même niveau que la prison de Mandela à Robben Island, Hiroshima, Auschwitz, et l'île de Gorée, lieu de départ des esclaves au Sénégal. Autant de sites déjà inscrits sur la liste de l'Unesco.
Problème : le processus pour obtenir le label est un véritable parcours du combattant. Le Havre, pour classer son centre-ville reconstruit par Auguste Perret, a mené une campagne d'une dizaine d'années.
Les plages n'en sont qu'au début. Le dossier porté par la Région et le Mémorial de Caen vient d'être déposé sur le bureau du ministre de la Culture. Une étape nécessaire mais pas suffisante. La France a déjà une liste de préinscription auprès de l'Unesco comptant 35 dossiers. Certains en attente depuis 20 ans. Alain Tourret, vice-président du conseil régional PRG, porteur du projet, n'est pas dupe : « Pour obtenir 2014, le ministre doit nous mettre en haut de la pile. » Les autres dossiers français en souffrance apprécieront.
Un dossier de 1 000 pages
Une fois le soutien de la France assuré, le dossier des plages devra s'attirer la bienveillance des membres de l'Unesco. Au premier rang desquels, les Alliés de 1944. A priori, une mission pas trop compliquée. « Nous devons aussi avoir le soutien des Allemands, préconise Alain Tourret. Il faut enfin travailler en direction de la Russie qui a vécu un autre grand tournant de la Seconde Guerre mondiale avec Stalingrad. »
Pour mener ces opérations de séduction, le lobbying est la règle du genre. Alain Tourret promet le soutien d'un ancien ambassadeur de France aux États-Unis.
Afficher un soutien populaire est un autre incontournable. Un sondage commandé par le Mémorial en 2010 remplit cet office. « 88 % des Bas-Normands considèrent que le devoir de mémoire en direction de la Bataille de Normandie est important », résume Stéphane Grimaldi, directeur du Mémorial.
La rédaction du futur dossier est une autre étape très compliquée. Les services de l'Unesco sont impitoyables. Ils s'intéressent certes à la philosophie du projet mais aussi à la gestion future du site classé. « Un dossier de peut-être 1 000 pages devra être rédigé », annonce Alain Tourret. Une dimension que l'on ne sent pas encore forcément intégrée par les promoteurs du projet. « Nous allons monter une équipe dédiée à ce projet », promet Laurent Beauvais, président PS de la Région. Peut-être déjà trop tard pour 2014.
Jean-Christophe LALAY.
Ouest-France