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Un Christ en ivoire adjugé 13 000 € à Alençon... |
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C'est la pièce maîtresse de la vente aux enchères d'hier : un Christ en ivoire, du XVIIe siècle, adjugé 13 000 €.
Une vente aux enchères d'objets d'art religieux s'est déroulée hier après-midi dans la Cité des ducs. Elle a choqué certains esprits. Particulièrement la vente des reliquaires de saints, qui n'a pas fait l'unanimité dans la salle.
La salle des ventes d'Alençon était pleine samedi après-midi pour cette mise aux enchères exceptionnelle d'objets d'art religieux provenant de deux carmels de la région et de différentes collections personnelles.
Avant la vente, des brocanteurs manipulent, des curieux s'émerveillent et des prêtres vont vers ce qu'ils ont repéré sur catalogue. Les ciboires, calices et autres objets de cultes, sont mis aux enchères. Les téléphones sonnent et Me Patrice Biget, le commissaire-priseur, donne de la voix : « Pas de regret dans la salle... ? 4 000 €, adjugé pour ce grand ciboire ! » Un ciboire magnifique, provenant du Mont-Saint-Michel et voué à repartir dans la Manche, acheté par une représentante du conseil général de la Manche venue à Alençon spécialement.
Des reliques sacrées
Le ballet des enchères continue, des prêtres surenchérissent de longues minutes pour un ciboire. Dans la salle, des gens s'inquiètent de voir ces pièces quitter la région, voire le pays. Certains objets ont été achetés aux États-Unis, d'autres en Suisse. Heureusement, Servanne Desmoulins-Hémery représente le musée d'art religieux de Sées et parvient à sauver un calice. Un sauvetage à 5 300 € !
D'autres pièces resteront en Normandie : « Un calice en bronze, adjugé à 800 €, sera installé dans la maison natale de sainte Thérèse et un reliquaire de sainte Céronne partira à Sainte-Céronne-lès-Mortagne, dans le Perche », précise Me Biget.
La salle frissonne, le temps de la vente des reliquaires est arrivé. Étrange vision que toutes ces boîtes remplies d'ossements. « Je suis venue exprès pour voir ça de mes propres yeux, raconte une dame âgée. Je ne voulais pas le croire, vendre des reliques sacrées, c'est honteux ! » Un avis qu'elle partage avec Mgr Jean-Claude Boulanger, évêque du diocèse de Séez, qui déplorait vendredi que « beaucoup de catholiques sont choqués de voir que des objets religieux sont vendus de la sorte ».
Me Biget s'explique : « Bien que ces objets aient été consacrés, ils perdent cette qualité du fait d'être l'objet de transactions. Leur vente est licite selon le droit civil et le droit canon. Mais ils méritent bien sûr d'être traités avec le plus grand respect. » Une vente durant laquelle les prix se sont envolés, comme pour la pièce maîtresse : un Christ en ivoire, du XVIIe siècle, vendu 13 000 € ou encore une chasse reliquaire, 2 700 €.