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Un supporter du club parisien s'indigne... |
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« Leproux on te lâchera pas ! Colony démission ! » Une poignée d'irréductibles supporters d'Auteuil n'ont cessé de s'en prendre au président du PSG (Robin Leproux) et à son actionnaire majoritaire (Colony capital).
A la suite du match contre Varsovie, vendredi soir, nous avons reçu l'appel d'un habitant de Damigny, supporter du PSG. Ce quinquagénaire se dit excédé par l'inaction des autorités face aux ultras.
Yves Chanteloup, habitant de Damigny, amoureux de football et fervent supporter du PSG, a assisté au match amical contre le Legia Varsovie, vendredi soir, au stade Jacques-Fould (Ouest-France de samedi). Il dénonce les plus bruyants et les autorités qui ne les ont pas fait taire.
Ils étaient six à côté de moi, de la tribune de Boulogne. Il y en avait une quinzaine d'Auteuil, de l'autre côté, dans les gradins. Ils se répondaient avec des chants haineux et injurieux, s'attaquaient comme d'habitude à la direction du club. À la fin du match, ils ont balancé un gros pétard.
J'ai ressenti un profond malaise pendant tout le match. Il y avait des enfants à côté, des jeunes, terrorisés. De peur, un vieux monsieur est parti. Pourquoi la police ou les dizaines de CRS postés n'ont-ils pas bougé ? On a les moyens d'agir mais on ne fait rien. Ils ne leur ont même pas demandé de se calmer.
Moi, j'y suis allé. Ils m'ont insulté. J'ai parlé avec les agents. Ils m'ont répondu : « On ne peut pas arrêter des gens pour des injures ! ». Quand les six ont vu que j'étais allé voir les policiers, ils ont crié : « Collabo ! Collabo ! ». À un moment, ils se sont mis derrière mon gendre et moi. Nous nous sommes déplacés. Si nous étions restés, si nous leur avions répondu, cela aurait pu très mal se passer. Ce matin, je suis encore sous le choc.
J'ai découvert le PSG il y a plus de vingt ans, quand je travaillais à Paris. J'en ai vu des matches au Parc des Princes ! Un soir, j'ai vu un Noir se faire insulter pendant 90 minutes. Ici, j'espérais une issue différente. Je me faisais une joie de voir le PSG à Alençon. Résultat : je n'en ai pas profité. Voilà comment une minorité de soi-disant supporters ternit l'image du club et gêne 1 500 hommes, femmes et enfants venus regarder du football.
Ce qui s'est passé à Alençon, comme ailleurs auparavant, se reproduira. Ils sont mécontents des mesures prises par la direction du club : la suppression de leur abonnement et le démantèlement des associations de supporters. Mais les autorités... Elles attendent qu'il y ait un autre mort pour se réveiller ?