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À Caligny, l’alcool n’a pas excusé les coups... |
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Un habitant de Caligny a été condamné à 18 mois de prison ferme pour avoir frappé sa compagne, dans la nuit du 3 au 4 janvier. © archives Ouest-France
Dans la nuit du 3 au 4 janvier, un Ornais d’une cinquantaine d’années a violenté sa compagne, à Caligny. Il vient d’être condamné par le tribunal d’Argentan à 30 mois de prison, dont 18 mois de prison ferme.
« Quand nous nous sommes rencontrés, on ne buvait pas tant d’alcool. Et puis, notre consommation est allée crescendo. » Incarcéré depuis le 4 janvier, l’Ornais de 53 ans qui comparaissait, ce mercredi 8 janvier, à la barre du tribunal d’Argentan se présente sous son meilleur jour. Celui d’un homme maître de lui qui ne boit jamais une goutte d’alcool avant d’aller travailler, à Tinchebray. Qui « s’entend très bien » avec sa compagne et comprend que dans la nuit du 3 au 4 janvier, il est allé trop loin. « Depuis mon incarcération, je ressens un regret immense, je m’en veux énormément », jure-t-il aux magistrats. La photo du visage tuméfié de sa compagne l’a terrifié, laisse-t-il entendre.
Mais quand il ajoute : « Si je vais en prison, je perdrai mon emploi, je vais me retrouver sans rien et elle non plus », le président du tribunal lui demande doucement pour qui il a le plus de regrets. Pour lui ou pour sa victime. « Pour les deux », n’hésite pas le prévenu.
Redondances
Il y a quelques jours à peine, alcoolisé, il immobilisait sa victime dans la cuisine de leur habitation commune, à Caligny. Et il lui assénait des coups de poing sur le visage, sur le corps. « Je reconnais les faits mais je ne me rappelle pas grand-chose », invoque l’Ornais. Il en convient, sa consommation d’alcool n’est pas pour lui éclaircir les idées. Le week-end, il boit jusqu’à 5 litres de vin. Une addiction qu’il partage avec sa compagne.
Alors, il hasarde : « Quand je suis à jeun, je suis quelqu’un de bien. L’alcool nous gâche la vie, je promets de consulter un addictologue, toute ma vie… Et je vais inciter ma compagne à se soigner, elle aussi. » Seulement voilà , l’homme a déjà été averti, par la justice, pour des faits similaires. Pas plus tard qu’en juin dernier. Il devait se soigner ; ces belles paroles, le tribunal les a déjà entendues : « C’est peu ou prou ce que vous aviez dit, la dernière fois… »
Question de vie ou de mort
Les enfants de la victime l’ont confirmé aux enquêteurs, les coups pleuvent toutes les semaines, sur leur maman. Et même si la victime n’a pas voulu déposer plainte, « cette fois, elle s’est vue mourir. » Aussi, le procureur de la République ne se laisse pas endormir par la contrition du prévenu. Il s’emporte même : « Il nous dit qu’il est quelqu’un de bien, que dans son travail on l’apprécie, qu’on peut lui faire confiance ? Mais ces promesses n’engagent que lui et sa victime ne peut pas en tenir compte. L’enjeu, ici, c’est peut-être celui de la vie de sa concubine ! Il est permis de se poser la question… »
Il requiert deux ans de prison, dont un avec sursis assorti de l’obligation de se soigner. La décision du tribunal sera plus sévère encore : il condamne le prévenu à 30 mois de prison dont 12 mois avec sursis. Le prévenu a l’interdiction d’entrer en contact avec sa victime pendant trois ans et devra se faire soigner. Il a été reconduit en prison, à l’issue de l’audience.