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À Cerisy-Belle-Étoile, 2020 sera un beau millésime... |
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Le vigneron amateur Jean-Claude Bourdon présente fièrement ses grappes de Pinot Noir, déjà bien mûres. Il annonce des vendanges plus précoces que d’habitude. © Ouest-France
Au Clos Martin de la Vignonnière à Cerisy-Belle-Étoile, dans l’Orne, 190 pieds de vignes ont déjà entamé leur maturation. « Les vendanges commenceront au moins dix jours plus tôt que d’habitude », prédit Jean-Claude Bourdon en contemplant ses grappes de Pinot Noir.
Jean-Claude Bourdon l’affirme, 2020 promet d’offrir un beau millésime.
Une excellente nouvelle pour le vigneron amateur, qui avait souffert d’une perte de récolte l’an passé, après un violent épisode de gel de printemps. « Il a fait jusqu’à moins sept degrés en avril 2019. J’ai perdu tous mes jeunes plants de Chardonnay, presque un rang entier. » Les plants plus âgés ont été affectés au niveau des bourgeons et n’ont pu donner naissance aux grappes de raisin.
Deux fois plus de sève
Mais la nature est bien faite ! En 2019, la vigne de Jean-Claude Bourdon s’était préparée à produire ses grappes annuelles, puisant dans le sol des minéraux essentiels à sa survie : phosphore, potassium, magnésium ainsi que de l’azote ou de l’eau. Cette sève concentrée et riche n’a pas pu inonder les grappes puisqu’alors détruites par le gel. La sève est donc redescendue dans les racines à l’hiver, puis, en mars 2020, un nouveau cycle végétatif a commencé, avec cette fois deux fois plus de sève (les minéraux de la nouvelle année s’ajoutant à ceux de l’an passé).
« Il y a déjà du sucre dans le Pinot Noir. D’habitude à cette époque, le raisin est encore tout vert ! », s’étonne Jean-Claude Bourdon. « En temps normal, il ne sucre qu’en septembre. Je pense que les vendanges auront, au moins, dix jours d’avance. » Les températures particulièrement élevées de cet été ont contribué à accélérer le processus de véraison (ou maturation) des baies. « Sur la parcelle, on a eu des pointes à 40 degrés. » Le vigneron se réjouit : « heureusement que je n’ai pas effeuillé, ça aurait cuit les grappes sur pied ! ». Enlever des feuilles permet d’optimiser la maturation du raisin en lui offrant plus de contact avec le soleil. « C’est pour cela qu’il faut toujours être vigilant et surveiller la météo. »
Le calendrier du vigneron
Jean-Claude Bourdon doit être toujours informé des températures à venir : « à chaque mois son opération. La vigne, il faut la suivre toute l’année. » Depuis son premier plant en 2009, le vigneron amateur est rodé. « En mars, la sève remonte, il faut tailler les branches. En avril, il faut ébourgeonner. C’est-à -dire enlever les bourgeons superflus. En juin, je traite en bio contre l’oïdium et le mildiou. En juillet, on retaille pour que la vigne ne dépasse pas un mètre ». À chaque pluie, l’épandage de traitement antifongique est lavé. Jean-Claude Bourdon doit alors recommencer l’opération. « En général je traite environ quatre fois par an. Mais cette année, il a fait si beau. Je n’ai fait que deux traitements. »
Une année sans gel, avec un été chaud et des réserves de sève de l’année précédente, voilà une recette impeccable pour obtenir un grand vin. Lorsqu’il observe sa parcelle, Jean-Claude Bourdon estime pouvoir produire 150 bouteilles de vin rouge, contre seulement 50 en 2019. « Sur les blancs, je n’aurai que 7 ou 8 bouteilles de Chardonnay… Mais ce n’est pas grave. Je cultive en amateur, je ne suis pas un professionnel. » Pour l’heure, les raisins nichés à Cerisy-Belle-Étoile doivent encore prendre des couleurs. La récolte est prévue le dernier week-end de septembre.
Retrouvez en vidéo, les vendanges au domaine Jean-Claude Bourdon en octobre 2019.