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À Putanges-le-Lac, le couple élève des chèvres des fossés, en voie de disparition... |
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Estelle Corneville, 39Â ans, a choisi la Suisse normande pour sa reconversion professionnelle. © Ouest-France
À la ferme Kerflaveur, à La Fresnaye-au-Sauvage, commune de Putanges-le-Lac (Orne), Estelle Corneville et son compagnon Jérôme Kersébet élèvent une trentaine de chèvres en agriculture biologique. Ils transforment leur lait en fromages qu’ils commercialisent.
Dans la ferme Kerflaveur, à Putanges-le-Lac (Orne), les chèvres côtoient les poules, les oies et les chiens. Un véritable écosystème dans lequel s’épanouissent les animaux. Depuis 2015, Estelle Corneville, 39 ans, et son compagnon Jérôme Kersébet, 44 ans, élèvent des chèvres en agriculture biologique. Il s’agit d’une reconversion professionnelle puisqu’elle était formatrice pour les agents des collectivités territoriales et lui travaillait dans un casino à Deauville (Calvados). Dans la Suisse normande, ils ont trouvé la ferme idéale pour construire ce nouveau projet familial.
« Un rendement fromager intéressant »
Le troupeau est composé d’une trentaine de chèvres. Pour moitié, il s’agit de chèvres des Fossés, une race en voie de disparition.  On la trouvait autrefois dans les petites fermes des campagnes normandes et bretonnes
, explique Estelle. On l’appelait aussi la chèvre du paysan car elle nourrissait les petits derniers. » La chèvre des fossés n’est pas très grande, elle arbore de longs poils et donne un lait très riche en matière grasse.
 Même si elle produit moins de lait que les autres races, le rendement fromager est intéressant.Â
L’exploitante agricole apprécie aussi leur caractère :  Ce sont des chèvres très indépendantes, très maternelles.Â
L’autre moitié du troupeau est issue de croisement de Poitevines. Le bouc a été acheté à l’écomusée de Rennes (Ille-et-Vilaine).
Toute l’année dehors
Le couple a adhéré à l’Association de sauvegarde et de promotion de la chèvre des fossés.  Cette sauvegarde de race, ça nous intéresse puisqu’on a des animaux plus rustiques, adaptés au territoire, qui sont dehors toute l’année. » Le troupeau dispose de dix hectares de pâtures.
Lundi 8 février 2021, Estelle Corneville était invitée à l’école primaire de Putanges, par des élèves de Terminale Services aux personnes et aux territoires du lycée Giel-Don-Bosco, pour parler bien-être animal. Un principe qu’elle applique au quotidien avec Jérôme.
Ils élèvent les chevreaux sous la mère car ils estiment  qu’on ne peut pas remplacer l’éducation qu’une mère peut donner à son chevreau. En pâturage toute l’année, elle l’oriente sur ce qu’il doit mangerÂ
. Ils pratiquent la monotraite (une seule traite par jour, le matin) pour que les mères puissent élever leurs petits. Et ils limitent le recours aux médicaments conventionnels, préférant utiliser, en préventif, la phytothérapie, l’acupuncture et les huiles essentielles.
La production va reprendre en mars, car les chèvres sont au repos de novembre à février. Les fromages sont vendus dans des magasins bio d’Argentan (Nature Andaines, La Vie bio) et de Falaise (Calvados) ou directement à la ferme, le vendredi, de 16 h à 20 h.

À la ferme, les chèvres côtoient, entre autres, des oies et des poules. Ouest-France
Partage
La ferme Kerflaveur fait partie du réseau d’accueil paysan. En plus de recevoir des campeurs durant l’été, les éleveurs font de l’accueil social. Ils ouvrent leurs portes, le temps d’un week-end ou pendant les vacances scolaires, à des jeunes pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance.  Ils vivent en communauté dans des foyers, alors le fait de venir à la ferme leur offre un temps privilégié avec les adultes et les animaux. C’est une découverte individualisée.Â
 Pour encadrer les enfants, Jérôme a un diplôme d’éducateur et Estelle a passé son brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur.  Le partage, la transmission des savoirs, c’est très enrichissant pour nousÂ
, confie Estelle.
Ferme Kerflaveur, L’Être aux Brières, à La Fresnaye-au-Sauvage, commune de Putanges-le-Lac. Renseignements au 06 43 80 77 79.