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À Rouperroux, le collectif Eau secours 61 visite les points de captage avec le syndicat des eaux... |
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Une trentaine de membres de l'association ont fait le déplacement pour découvrir différents points de captage du secteur. © Ouest-France
Une partie du collectif Eau secours 61, qui cherche à garantir une meilleure qualité de l’eau, était réunie jeudi 19 juin 2025 à Rouperroux (Orne). En présence du maire de la commune, également président du Syndicat des eaux du Val d’Écouves, le collectif a effectué une visite des différents points de captage d’eau du secteur.
Une trentaine de personnes étaient réunies jeudi 19 juin 2025 en fin de journée devant la mairie de Rouperroux (Orne). Il s’agissait d’adhérents du collectif Eau secours 61, dont la première assemblée générale a eu lieu en mars.
Celui-ci a été fondé après qu’un habitant de Gandelain a fait analyser son eau du robinet en mars 2023. Résultat : elle était « non conforme à la législation en vigueur » , et l’échantillon contenait du dinoterbe, un pesticide utilisé notamment sur le maïs, ainsi que trois résidus de pesticides.
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Des membres du collectif étaient réunis ce jour-là pour inspecter différents points de captages du secteur en compagnie de Roland Sellos, maire de Rouperroux et également président du Syndicat des eaux du Val d’Écouves. Avant le début de la visite, Roland Sellos revient sur son rôle et celui du syndicat des eaux et sur l’état actuel du réseau : « Sur les 252 kilomètres de tuyaux linéaires, il faudrait en refaire 100, explique-t-il. Aujourd’hui, l’ARS juge qu’on rentre dans les clous, mais ça nous paraît insuffisant. »
Des points pas assez protégés
Pendant plus de deux heures, le collectif visite plusieurs points de captage d’eau dans les alentours, comme celui du Grand Germancé, à Ciral. C’est l’occasion pour Sylvain Aillard, coprésident d’Eau secours 61, d’évoquer certaines problématiques concernant ces captages : « Certains points ne sont pas assez protégés, il faudrait mettre du grillage. Par ailleurs, on retrouve dans les sols des produits qui ont été interdits à la commercialisation il y a vingt-cinq ans. »

Sylvain Aillard, coprésident d'Eau secours 61, et Roland Sellos, maire de Rouperroux et président du Syndicat des eaux de Val d'Écouves, ont fait découvrir les différents points de captage aux visiteurs présents. Ouest-France
Plus loin, le groupe inspecte un autre captage au lieu-dit de La Brousse, à L’Orée-d’Écouves. « Ici, ce sont les pesticides et les produits de traitement qui sont le problème », selon Roland Sellos. « En termes de nitrates, on est à 0,6 grammes par litres contre une norme à 0,5 gramme », expose Sylvain Aillard. Il rappelle au passage que le 12 juin, le Sénat a rejeté une proposition d’interdiction de l’usage de pesticides à proximité de points de captage.
Travailler ensemble
Pour lui, la présence du président du syndicat des eaux est une bonne chose : « On est contents que Sylvain ait fait le déplacement lui-même car on veut travailler ensemble. On ne veut pas de conflit, on veut surtout être force de proposition et se mettre autour d’une table. » Pour ce dernier, c’est avant tout une « démarche de transparence » sur une « problématique nationale » : « Aujourd’hui, il s’agissait de poser les bases et passer un moment ensemble. »
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Pour les membres du collectif présents ce jour-là, l’initiative est plus que pertinente : « Même en ayant travaillé dans le domaine de l’eau à l’étranger, je me rends compte qu’on ne sait pas toujours comment l’eau arrive jusqu’à nous, explique France Arnaud, retraitée. Il faut le voir pour comprendre, je pense que tous nos politiques devraient faire des visites comme celles-ci pour comprendre comment tout fonctionne. »