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Agriculture et environnement : « il faut décompacter les sols… et les cerveaux »

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photo  patrice le callonnec, agriculteur à mauron (morbihan), fait partie des pionniers de l’agriculture de conservation des sols. equipé d’un louchet (plus long qu’une bêche) et d’un pénétromètre, il observe souvent les vers de terre qui s’activent sous les pieds.  ©  ouest-france 1

Patrice Le Callonnec, agriculteur à Mauron (Morbihan), fait partie des pionniers de l’agriculture de conservation des sols. Equipé d’un louchet (plus long qu’une bêche) et d’un pénétromètre, il observe souvent les vers de terre qui s’activent sous les pieds. © OUEST-FRANCE

Dans ses champs qu’il ne laboure plus depuis longtemps, les vers de terre sont ses meilleurs alliés. Patrice Le Callonnec, pionnier de l’agriculture de conservation des sols, fait partie de ces « Décompactés » qui organisent des rencontres sur ce thème, du 27 au 29 janvier en Vendée.

Le sol est à nos pieds et pourtant nous le connaissons mal. « Vous n’imaginez pas la vie qu’il y a là-dessous », remarque Patrice Le Callonnec, un paysan curieux qui a pris l’habitude d’observer sa terre. « Ce que beaucoup d’agriculteurs ne font plus », explique-t-il, accroupi dans son champ, avec son louchet (une bêche à longue lame) et son pénétromètre, une tige en métal d’un mètre de long. « Quand elle s’enfonce facilement jusqu’au bout, c’est le signe d’un sol bien décompacté ».

L’agriculteur bio, associé avec son épouse et ses deux fils, élève 6 000 poules pondeuses, 150 vaches laitières, sur une ferme de 220 hectares, dont 150 de prairies, une quinzaine de maïs et des céréales cultivées avec des plantes associées. « Par exemple du blé avec de la féverole et du pois, ou du colza avec du sarrazin, une plante nettoyante qui sert de leurre pour certains insectes et protège les autres végétaux », explique ce pionnier de l’agriculture de conservation des sols, qui a beaucoup testé, s’est trompé souvent.

« Les vers travaillent pour toi »

L’agriculture de conservation des sols (ACS) s’appuie sur trois piliers : les couverts végétaux permanents, le semis direct avec réduction du travail du sol, et la diversité des espèces cultivées. Lui a banni les pesticides et il ne laboure plus ses champs depuis plus de 25 ans. C’est moins d’heures de tracteur, moins de carburant. « Quand vous retournez la terre, vous cassez toute la vie qu’il y a en surface, c’est comme si vous retourniez votre lit », explique l’éleveur, qui adore les métaphores.

Les vers de terre sont ses meilleurs alliés. « C’est grâce à eux que l’eau et l’air circulent. Ils travaillent pour toi 24 heures sur 24 et ne sont pas soumis aux cotisations MSA », sourit ce membre des Décompactés, une association qui veut promouvoir une agriculture biologique de conservation de la fertilité des sols. « Mais attention, on ne s’adresse pas qu’aux paysans bio, le sujet intéresse aussi les conventionnels. Si l’on veut que les choses changent, il faut se parler ».

Convaincu « que l’on emprunte ce monde à nos enfants », il reçoit souvent des élèves des écoles d’agriculture, pour leur parler des vers de terre qui, en décompactant la terre, luttent contre l’érosion. Pour éviter le spectacle d’une rivière qui « devient marron » à cause d’un champ lessivé par les pluies. « Pour que ça change, il faut aussi décompacter les cerveaux ! »

Les sols « notre capital numéro un »

C’est l’objectif des Rencontres organisées en Vendée la semaine prochaine. « L’ACS est un sujet qui monte depuis les années 2000 », explique Quentin Sengers, coordinateur national des Décompactés. L’association travaille aussi bien « avec les groupements bio qu’avec, par exemple, la FDSEA de la Marne ». Les Rencontres visent à donner des clefs aux agriculteurs, bio ou conventionnels, qui cherchent à concilier respect de l’environnement et logique économique. « Dans ce contexte de crise agricole, on mesure l’importance de prendre soin de nos sols, qui sont notre capital numéro un ! »

Pour l’agriculteur Frédéric Thomas et l’agronome Matthieu Archambeaud, spécialistes de l’ACS, il est « fondamental » pour un agriculteur d’en comprendre le fonctionnement « pour assurer la sécurité économique et l’autonomie de son système agricole ».

Rencontres nationales de l’Agriculture biologique de conservation et de la santé du sol, du mardi 27 au jeudi 29 janvier 2026 à Chantonnay (Vendée). Premier jour complet. Le deuxième jour (8 h 30 à 17 h 30), témoignages de producteurs, de techniciens et conférences tout public d’Isabelle Tomasi, agronome microbiologiste, Marina Wendling, chercheuse au FIBL suisse et Charles Pépin, philosophe et écrivain. Inscriptions en ligne sur le site des Décompactés.

 
Laurent Le Goff    Ouest-France  

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