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Alençon. Le Carmel d’Alençon vide ses greniers avant de déménager... |
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Nicole s’occupe de l’accueil et met en place les objets à vendre. © Ouest-France
Les sœurs du Carmel du Sacré-Cœur et de l’Immaculée-Conception ont trouvé un refuge plus calme, à la campagne. Elles organisent ce week-end un vide-maison.
« On gardait toujours de ces choses. On se disait « on ne sait jamais, ça peut servir ». À un moment, ce n’est plus possible, il faut bien s’en débarrasser. » Sœur Marie-Isabelle de la Miséricorde ne se sépare pas de son sourire. Dans quelques mois le carmel d’Alençon déménage et il faut bien vider les 3 000 m² qu’il occupe depuis 131 ans, dans le quartier Saint-Léonard.
Ce samedi 4 mai, un vide-maison est organisé dans les parties ouvertes au public. Les objets précieux ont été confiés à Me Biget, pour la salle des ventes. Mais il y aura quand même des affaires à faire. Des malles, de la mercerie, des vases, des livres, des tissus… ?« Tout sera à un prix défiant toute concurrence », annonce la Mère prieure.
Déménager cet été
Si une journée ne suffit pas, plusieurs dates seront proposées. Il faut faire place nette. Le carmel s’installe dans des bâtiments trois fois plus petits, au manoir de la Raterie, à Cuissai. ?« C’est beaucoup mieux, plus modeste », souligne sœur Marie-Isabelle de la Miséricorde.

Et le temps presse. Les sœurs voudraient pouvoir partir cet été. ?« Il y a des moments pour faire les choses, affirme-t-elle. ?Si on peut, il faut y aller. Et puis, ce sera plus facile sur place pour surveiller les travaux. Ils vont bientôt débuter. »

Le domaine est composé de quatre bâtiments, disposés comme un cloître. Dans un premier temps, il faut réaliser quelques aménagements dans le logis principal. ?Les sœurs se chargent de tout ce qu’elles peuvent exécuter elles-mêmes : ponçage, peinture, tapisserie, nettoyage. ?« On couchera quasiment dans nos ateliers pendant un an. »

Le temps que l’écurie soit restaurée pour y installer d’autres ateliers, des cellules à l’étage et l’infirmerie. Dans la grange seront installés la cuisine et le réfectoire, ainsi qu’un accueil pour le public, avec une boutique.
Un endroit plus au calme
Il est prévu de prolonger une petite dépendance pour aménager une chapelle. Mais en attendant, le culte se fera dans un endroit bien plus original. ?« Une idée de notre architecte, s’amuse la Mère prieure. ?Un plancher va être posé sur le bassin d’une piscine couverte. Les verrières seront opacifiées. »

Elle l’avoue : toute la communauté a hâte de déménager. ?« Même nos deux sœurs octogénaires. L’une d’elles a 88 ans. Elle a du punch. Si elle était septique au début, maintenant c’est la plus pressée ! »

Pour les dix sœurs, l’enjeu est important. Elles sont confrontées depuis quelques années aux bruits nocturnes, surtout l’été. ?« Les modes de vie sont différentes aujourd’hui. Avec nos horaires monastiques on est décalées, concède sœur Marie-Isabelle. Il y a la musique rock à plein tube les soirs de festivités. Et puis les soirées étudiantes, où les jeunes se couchent à 5h quand nous, nous nous levons ! »

Quand elles ont visité leur future habitation, elles sont tombées sous le charme. ?« C’est très rustique. Ça porte le nom de manoir mais c’est plutôt une ferme du XVe siècle. On entend le silence, c’est beau. » Et même si les lieux se trouvent à 8 km d’Alençon, ?« On tient à garder le lien spirituel avec la ville de Thérèse et de ses parents, Louis et Zélie. On restera le carmel d’Alençon. »
?Les bâtiments actuels, dans le quartier Saint-Léonard, sont à vendre. ?« Il y a deux acquéreurs potentiels. Nous avons bon espoir. »
Samedi 4 mai, de 9h30 à 12h30 et de 14h30 à 19h30, vide-maison au Carmel d’Alençon, 2, place Marguerite-de-Lorraine. Renseignements au 02 33 32 90 19.