|
Alençon. Le harcèlement et l’homophobie évoqués au lycée Mézen avec l’écrivain Antoine Dole... |
1
Antoine Dole a échangé avec des élèves du lycée Mézen, par visioconférence, vendredi 14 janvier. © Lycée Mézen
Des élèves de 3e et 2de du lycée Mézen à Alençon (Orne) ont étudié le roman À copier 100 fois et pu débattre de harcèlement et d’homophobie avec son auteur, Antoine Dole.
À copier 100 fois, c’est un court roman jeunesse qui évoque la difficulté de faire son coming out lorsque l’on est adolescent et les ravages de l’homophobie. Son auteur, Antoine Dole, a participé, vendredi 14 janvier 2022, à une visioconférence organisée par le lycée Mézen d’Alençon. Il a pu échanger avec une vingtaine d’élèves de 3e et de 2de, qui avaient étudié son livre.
« Ce qui vous rend vulnérables ne vous rend pas fragiles »
La rencontre a débuté par la lecture de lettres écrites par des élèves à l’intention de leur père ou leur mère, afin de leur dire – fiction ou réalité – quelque chose qu’ils n’ont jamais osé leur dire jusqu’à présent. L’écrivain les a trouvées « belles et très fortes. Ce qui vous rend vulnérables ne vous rend pas fragiles », a-t-il rassuré.
Les élèves ont ensuite questionné Antoine Dole. « Il n’est pas si facile d’être un garçon dans un monde d’hommes », a-t-il reconnu, les encourageant à dépasser la pression d’une masculinité et d’une virilité érigées comme modèle : « Il n’y a pas qu’une façon d’être un homme. »
Au-delà de la question de l’homophobie, « c’est le harcèlement scolaire qui a particulièrement touché les élèves, car il leur a fait prendre conscience que personne n’a le droit de porter atteinte à leur intégrité, leur religion, leur origine… estime Ondine Brice, professeure documentaliste. Avec des réponses sincères et riches, Antoine Dole a su les captiver et les faire réfléchir, prolongeant ainsi le plaisir qu’ils ont eu à la lecture du livre. »
« Un auteur n’est pas nécessairement vieux ou mort »
Cet écrivain, connu aussi sous le pseudonyme de Mr Tan pour sa série de bandes dessinées Mortelle Adèle, a « définitivement prouvé aux élèves qu’un auteur n’est pas nécessairement vieux ou mort, ajoute la professeure. Il a su leur faire partager ses valeurs, notamment son combat pour la liberté et l’égalité. »