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Alençon. Quarante-cinq années de fidélité à Médavy... |
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Pierre Canet, 45 éditions d’Alençon-Médavy au compteur ! © Ouest-France
Dimanche, Pierre Canet, 73 ans, sera au départ de la course. Une habitude immuable depuis les débuts de l’épreuve, en 1974.
Pierre Canet court toujours. Vers ses 74 ans qu’il atteindra la 3 juin et vers la ligne d’arrivée de la Croix-de-Médavy, qu’il franchira dimanche prochain.
À comme Archives
Dans son petit appartement du quartier de Perseigne, le septuagénaire compulse trois classeurs pleins qui retracent ses 45 années d’Alençon-Médavy : on y trouve ses dossards, « sauf ceux des premières années car on nous les demandait à l’arrivée » , mais aussi les livrets de résultats, les articles de presse… Tout est soigneusement rangé chronologiquement. « Chaque année, une semaine avant l’épreuve je feuillette mes archives, histoire de me remettre dans l’ambiance » , sourit Pierre Canet.
C comme Chrono
Son meilleur temps date de 1978. Pierre Canet a alors 33 ans et en 1 h 0245, il se classe 108e. À 65 ans, il gambadait encore en 1 h 22. « Avec l’âge, je n’en gagne pas, bien évidemment, mais je vise entre 1 h 30 et 1 h 35 » . Histoire de montrer que son 1 h 39 de l’an dernier était surtout lié aux circonstances. « Un mois avant, le décès de mon épouse m’a coupé les jambes… Je n’avais plus la tête à courir, mais mon coach et ami Dominique Tabur m’a dit que ça me changerait les idées » .

D comme Difficulté
Contrairement à la plupart du peloton, ce n’est pas l’ascension finale qui fait suer notre homme, mais plutôt les premiers kilomètres jusqu’à la côte des Fourneaux, à Damigny. « Je suis un diesel : avec l’âge j’ai du mal à mettre le moteur en marche » , dit de sa voix douce le septuagénaire qui préfère courir quand il fait chaud. Là aussi, c’est plutôt le contraire qui est la règle, le peloton étant plus à l’aise à 13 °C qu’à 20 °C.
E comme Entraînement
Il fait chaque semaine deux sorties d’une heure et quart : le mercredi après-midi autour de l’hippodrome ; le dimanche matin, soit un entraînement soit une course. « J’aime beaucoup les cross en FSGT » . Parmi ses autres rendez-vous préférés, la Multonne à Champfrémont en mai, ou les Galopades du Patrimoine, à Alençon en septembre.

F comme Fidélité
Marié pendant 40 ans à Maryvonne ; menuisier pendant 43 ans chez Maison France Confort ; « médavyste  » depuis 45 ans : Pierre Canet est un homme de fidélité. Unique entorse à cette dernière série, une tendinite l’a empêché de prendre le départ de la vingtième édition, en 1993. Ceci dit, il n’a jamais mis cette fidélité en avant, « je ne demande rien, je suis d’un naturel assez discret » , raconte-t-il, un peu surpris qu’on s’intéresse à lui.
M comme Maillots
Ses premiers Médavy, Pierre Canet les a courus sous les couleurs de l’EACC du Mans ; il a continué avec l’équipe FSGT de Moulinex ; et depuis dix ans, il court pour l’Amicale du CPO, présidée par Gérard Bansard.

S comme Santé
En catégorie V4, Pierre Canet fait partie des 60 % des médavystes inscrits en vétérans. « Chaque année je passe un électrocardiogramme, c’est obligatoire à mon âge » . Entre son médecin qui lui dit de « ne pas trop pousser » et son coach qui l’encourage à faire le contraire, le septuagénaire « écoute les deux » mais donne quand même priorité au docteur… D’autant qu’un claquage l’a refroidi cet hiver. Mais à le voir aussi svelte (1,73 m pour 67 kg), on se dit que la course à pied – et notamment Médavy – ça conserve.