|
Alençon. Sapeuse-pompière volontaire, Estelle Fouquerel se mobilise pour la campagne de vaccination... |
1
Estelle Fouquerel, 37 ans, est infirmière et sapeuse-pompière volontaire au Sdis de l’Orne, à Alençon. © Ouest-France
À 37 ans, Estelle Fouquerel est impliquée dans la lutte contre le Covid-19. Infirmière et sapeuse-pompière volontaire, l’Alençonnaise occupe son temps libre à injecter les doses de vaccin.
Malgré une petite nuit passée aux urgences, Estelle Fouquerel ne manque pas d’adjectifs pour décrire son métier. L’infirmière de 37 ans au centre hospitalier d’Alençon est prise « d’addiction », depuis qu’elle a intégré la caserne du Sdis de l’Orne, en 2015, pour devenir sapeuse-pompière volontaire. « L’intervention me donne une dose d’adrénaline », lance cette mère de trois enfants.
Sa vie d’infirmière n’est pas un hasard pour cette fille d’aide-soignant et de secrétaire médicale. Diplômée à l’école de L’Aigle, elle a passé quatre ans en service de réanimation pour ensuite être affectée aux urgences. Son envie de découvrir « le milieu extra-hospitalier » l’amène à franchir la porte de la caserne.
2 000 vaccinés par les sapeurs-pompiers ornais
Appelée en cas de besoin pour une intervention, Estelle Fouquerel est la première à donner les premiers soins aux victimes. « Nous sommes là pour soulager et rassurer la personne avant son hospitalisation. »
Quand elle n’était pas prise par la centaine d’interventions réalisées, l’infirmière s’est engagée dans la campagne de vaccination contre le Covid-19. Dès le mois de janvier, elle a fait partie d’une équipe de 45 volontaires, mobilisée pour vacciner, dans un premier temps leurs collègues, puis le reste de la population. « J’étais dans une ambulance pour vacciner les habitants de dix-huit communes du département. Nous tournions entre 100 et 150 injections par jour, c’était à la chaîne. »
Au total, près de 2 000 personnes ont été vaccinées par les sapeurs-pompiers ornais. « Cette mission change notre manière de travailler. Habituellement, nous sommes appelés pour secourir. Là , nous anticipons les risques. »
« Échanger et convaincre »
La reprise du contact a aussi fait du bien pour ces agents, vivant dans l’urgence du quotidien. « La vaccination nous a permis de nous rapprocher, d’être dans l’échange et d’essayer aussi de convaincre les réfractaires », développe l’infirmière, qui s’occupe maintenant de la vaccination dans les collèges et lycées.
Dans un département frappé par la désertification médicale, le Sdis recherche des médecins et des infirmiers volontaires. Estelle Fouquerel ne regrette pas du tout son choix. « Il ne faut pas prendre cela comme une contrainte, tant que l’on arrive à équilibrer vie professionnelle et vie personnelle », assure-t-elle. Et surtout ne pas oublier que l’important est de « montrer l’exemple et d’aider nos concitoyens ».