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Après quatre ans de guerre en Ukraine : face aux réfugiés, l’hospitalité des Européens s’étiole... |
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Des réfugiés ukrainiens à Medyka, en Pologne, le 9 mars 2022. © Archive Sean Gallup/Getty Images via AFP
Fini la mobilisation spontanée pour accueillir les premiers réfugiés qui affluaient au début de la guerre, il y a quatre ans. Depuis, plusieurs pays de l’Union européenne ont durci leurs conditions d’accueil et revu leurs aides à la baisse.
Les Européens se réveillent sonnés, le 24 février 2022, alors que s’abattent les bombes russes en Ukraine. Quand affluent les premières images de civils sur les routes de l’exil, la solidarité s’organise très vite. Dès le 3 mars, l’Union européenne active un mécanisme de protection temporaire pour ces réfugiés, qui obtiennent le droit de résider, travailler, se loger, se soigner et accéder à l’éducation légalement dans les 27 pays de l’UE. Cette protection bénéficie encore à 4,35 millions d’Ukrainiens.
Mais en quatre ans de guerre, l’hospitalité s’est sérieusement émoussée. Et nombreux sont les gouvernements, sous pression de la droite et l’extrême-droite, à durcir leurs conditions d’accueil. La Tchéquie a été la première à limiter l’accès à un hébergement gratuit pour les Ukrainiens à 150 jours, en juillet 2023. Puis à 90 jours fin 2024. La Tchéquie était, et demeure, le pays le plus accueillant d’Europe proportionnellement à sa population, avec 393 000 réfugiés ukrainiens, soit 36 pour mille habitants (51885 en France soit 0,8 pour mille).
Des aides revues à la baisse
Les autorités tchèques ont alors fait état d’une vague de haine
sur les réseaux sociaux. Au cœur des récriminations : l’octroi d’aides sociales. Des aides revues à la baisse dès 2024 aux Pays-Bas, où plusieurs centres d’accueil voient leurs places réduites. En France, 50 % des déplacés ne bénéficiaient déjà plus d’aucune aide pour leur hébergement.
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À la même période, la Norvège a renoncé à accorder de manière automatique
une protection aux Ukrainiens de l’Ouest
, considérés comme moins exposés aux frappes russes. Les mêmes se sont vus fermer l’accès aux logements sociaux en Hongrie. Alors que la Suisse décrétait que seuls les Ukrainiens des régions occupées, ou situées sur la ligne de front, seraient désormais les bienvenus. Des mesures contraires au droit d’asile, qui garantit l’accès à un hébergement à tous les réfugiés, ont alerté les Nations unies. En vain.
L’Allemagne a emboîté le pas en 2025, en restreignant les allocations octroyées aux Ukrainiens. La Pologne, qui avait fait de même, en a rajouté en janvier dernier, en limitant l’accès aux soins médicaux gratuits aux enfants, femmes enceintes et personnes vulnérables.