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Argentan. Les hôtels particuliers de Joseph de Laleu, bureaux de la manufacture royale de dentelles... |
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L’hôtel Goupil de la Porte a été racheté en 1749 par Joseph de Laleu, négociant en dentelles. © Ouest-France
Des hôtels très particuliers. Chaque semaine, nous vous présentons un hôtel particulier d’Argentan (Orne). Exceptionnellement cette semaine, deux hôtels particuliers, ceux du négociant royal de dentelles Joseph de Laleu.
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S’il est une chose pour laquelle Argentan (Orne) est célèbre, c’est sa dentelle ou « point royal de France ». Au XVIIIe siècle, plusieurs fabricants ont établi leur manufacture au sein de la ville. Parmi eux, Joseph de Laleu, marchand de dentelles parisien, reçoit en 1745 l’autorisation royale de créer sa manufacture de dentelles à Argentan.
Joseph de Laleu n’est pas n’importe qui : c’est lui qui fournit la garde-robe du roi, de la reine, et celles des rois et reines d’Espagne. Il garnit également la chambre du roi, et a réalisé la dentelle pour le mariage du Dauphin en 1744.
Le fabricant de dentelles vient donc s’installer dans la cité ornaise. En 1747, il achète l’hôtel de Vigneral à une famille anoblie, les Viel de Montabard. Il établit les bureaux de sa manufacture dans cette demeure aujourd’hui sise 8 rue Saint-Martin.

L'hôtel de Vigneral fut la première demeure de Joseph de Laleu à Argentan. Ouest-France
Menacé par le maire
Bénéficiant du privilège royal, le bourgeois est dispensé de certains impôts locaux, les « droits de ville », ce qui ne plaît pas à tout le monde. Cette même année, il se plaint du comportement du maire et des magistrats d’Argentan dans une missive adressée à l’intendant d’Alençon : « Aujourd’hui, ces messieurs me menacent de faire enfoncer les murs et les portes », écrit-il.
On ne sait pas comment se solda l’affaire, mais les murs de l’hôtel de Vigneral en sont vraisemblablement sortis sans égratignure. En 1749, Joseph de Laleu échange cet hôtel contre l’hôtel Goupil de la Porte, sur la place Saint-Martin, où le bureau de la manufacture déménage.
Aujourd’hui, ce dernier hôtel particulier est inhabité. Après avoir accueilli les locaux de l’Institut rural d’éducation et d’orientation jusqu’en 2008, il a été racheté par un promoteur immobilier ayant le projet d’en faire une résidence haut de gamme.
Sources : Gérard Kempf, Revue du Pays d’Argentan, n° 27, septembre 1996; n° 31, septembre 1997; n° 33, mars 1998. Argentan. Fenêtre sur rues, édition Ville d’Argentan, 2016.