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Attentat à la prison de Condé-sur-Sarthe en 2019 : l’accusé revendique son geste et accuse la prison... |
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Michaël Chiolo, l’accusé principal, s’est lancé dans un violent réquisitoire contre les prisons et réaffirme son allégeance à l’État Islamique. © Ouest-France
Le procès de Michaël Chiolo et les quatre autres coaccusés de l’attentat à la prison de Condé-sur-Sarthe s’est ouvert ce lundi 2 juin 2025, six ans après les faits. L’accusé principal s’est fendu d’une déclaration liminaire très longue, violente, où il accuse les prisons françaises et réaffirme son allégeance à l’État Islamique.
Le procès de Michaël Chiolo, poursuivi pour tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste, s’est ouvert ce lundi 2 juin 2025 devant la cour spéciale de Paris.
Dans le box, l’homme de 34 ans, qui a tenté d’assassiner deux surveillants en unité de vie familiale de la prison de Condé-sur-Sarthe, le 5 mars 2019. Ses propos liminaires étaient extrêmement attendus, lui qui a usé de son droit au silence durant la procédure.
Il arbore une barbe fournie, porte les cheveux ras et un simple sweat-shirt bleu de sport cintré. Son front dégarni est marqué par la prière. Son attitude est clairement provocante. Il sourit régulièrement, semble psalmodier durant le résumé des faits par la présidente du tribunal. Quand il prend la parole, il s’exprime très vite, et surtout, beaucoup.
« Je ne regrette absolument pas les faits »
Il avait préparé un texte, comme l’annonçait son avocat, maître Romain Ruiz. Il s’est fendu d’une logorrhée de plus d’une trentaine de minutes, entrecoupées de considérations religieuses. Le discours de Michaël Chiolo est structuré et démarre par des excuses adressées aux coaccusés et à sa femme, décédée lors de l’assaut des forces de l’ordre le jour des faits, assumant toute la responsabilité des faits.
Il en ressort essentiellement un réquisitoire parfois violent et injurieux contre le système carcéral français et l’administration pénitentiaire, entrecoupé d’anecdotes. Toutes les injustices qu’il dénonce sont la cause de son passage à l’acte. « À force de constater la violence d’État, j’ai commencé à vouer une haine tenace à l’égard de ces gens-là . » Il ose : « Ils se sont poignardés eux-mêmes. »
« En ce jour, je ne regrette absolument pas les faits », assure-t-il également. L’accusé réaffirme aussi son allégeance à l’État Islamique et justifie : « Quel meilleur champ de bataille de la prison ? »
Les autres accusés nient quant à eux leur participation. Michaël Chiolo, lui, semble prendre la position du martyre.